La Mauritanie a officiellement lancé la 5G récemment, selon afriqueitnews.com. Cette avancée place le pays voisin en tête des nations africaines adoptant cette technologie, un mouvement qui interroge sur le positionnement de l’Algérie dans cette course numérique. Pour les entrepreneurs algériens, cette étape mauritanienne offre des enseignements sur les opportunités et les écueils à anticiper dans un marché en mutation.
Un déploiement qui bouscule les équilibres régionaux
Le passage à la 5G en Mauritanie s’inscrit dans une stratégie nationale visant à moderniser les infrastructures télécoms et à attirer les investissements étrangers. Le pays, souvent perçu comme un acteur secondaire dans le secteur technologique africain, surprend par cette rapidité. Les opérateurs mauritaniens, soutenus par des partenariats internationaux, ont débuté les tests dès 2025 avant d’officialiser le déploiement en mai 2026. Cette accélération contraste avec le rythme plus lent observé en Algérie, où les discussions sur la 5G traînent depuis plusieurs années sans date concrète pour son lancement.
Des retombées économiques à surveiller
Pour les entreprises mauritaniennes, la 5G ouvre la voie à des innovations dans des secteurs clés comme l’agriculture intelligente, la santé connectée ou les services financiers mobiles. Une étude citée par afriqueitnews.com estime que l’adoption de la 5G pourrait booster le PIB mauritanien de 2 à 3 % d’ici 2030, grâce à la création de startups spécialisées et à l’optimisation des chaînes logistiques. En Algérie, où le secteur numérique représente encore moins de 5 % du PIB, cette avancée mauritanienne rappelle l’urgence de repenser la stratégie nationale pour éviter un retard compétitif.
Leçons pour les entrepreneurs algériens
L’expérience mauritanienne montre que la 5G n’est pas réservée aux pays riches. Deux facteurs ont joué un rôle déterminant : une volonté politique claire et des partenariats publics-privés ciblés. Pour les startups algériennes, cela signifie que la demande pour des solutions locales adaptées à la 5G existe, même si l’infrastructure n’est pas encore déployée. Les entrepreneurs spécialisés dans l’IoT (Internet des Objets), la fintech ou les services cloud pourraient tirer parti de ce créneau en se positionnant comme des partenaires stratégiques pour les futurs opérateurs 5G algériens.
Un autre enseignement concerne l’attractivité des écosystèmes technologiques. La Mauritanie a mis en avant des incitations fiscales pour les investisseurs étrangers dans le numérique, comme des exonérations de taxes pendant cinq ans. En Algérie, où les contraintes bureaucratiques freinent souvent les initiatives, une telle approche pourrait relancer l’intérêt des entrepreneurs de la diaspora, dont les projets butent régulièrement sur les lourdeurs administratives locales.
La diaspora algérienne, un levier sous-exploité
La diaspora algérienne, forte de plus de 2 millions de personnes réparties entre la France, le Canada et les pays du Golfe, représente un vivier de compétences et de capitaux pour accélérer le virage numérique. Les entrepreneurs mauritaniens ont bénéficié de retours d’expérience de la diaspora sénégalaise ou ivoirienne, formée dans les grandes écoles occidentales. En Algérie, où les transferts d’argent de la diaspora atteignent près de 2 milliards de dollars par an, selon la Banque mondiale, une mobilisation ciblée vers les projets tech pourrait combler une partie du retard.
Cependant, l’exemple mauritanien souligne aussi un risque : sans cadre réglementaire stable, les investissements de la diaspora risquent de se tourner vers des marchés plus attractifs. Les entrepreneurs algériens doivent donc plaider pour des réformes concrètes, comme la simplification des visas pour les profils tech ou la création de zones franches dédiées aux startups.
À retenir pour les entrepreneurs
La Mauritanie prouve qu’un pays peut sauter des étapes technologiques en combinant volonté politique et partenariats stratégiques. Les entrepreneurs algériens doivent anticiper l’arrivée de la 5G en se formant aux compétences spécifiques (réseaux, cybersécurité, développement 5G) et en ciblant les secteurs porteurs comme l’agritech ou la logistique. Les transferts financiers de la diaspora pourraient jouer un rôle clé, à condition que l’écosystème local devienne plus accueillant.
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