La visite prochaine du Mouvement des entreprises de France (Medef) à Alger marque une étape concrète dans le réchauffement des relations économiques entre l’Algérie et la France. Selon Le Jeune Indépendant, cette délégation, attendue dans les prochaines semaines, fait suite à la rencontre entre le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, ainsi qu’à la mission exploratoire menée par le président du Medef International, Franck Riester, en février 2026. Ces échanges s’inscrivent dans un contexte où les deux pays cherchent à dépasser les tensions politiques pour relancer les partenariats industriels et technologiques.
Un calendrier serré pour des résultats tangibles
Autre piste explorée : les infrastructures. La France, via des entreprises comme Vinci ou Bouygues, pourrait participer à la rénovation des ports algériens, notamment celui de Djen Djen, et à la construction de zones logistiques. Ces projets s’alignent sur la stratégie algérienne de diversification économique, qui mise sur le développement des hubs régionaux pour attirer les investissements étrangers. « L’Algérie a besoin de transferts de technologie et de savoir-faire, pas seulement de capitaux », explique un cadre de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), interrogé par TSA.
La diaspora algérienne, un levier sous-exploité
Plusieurs initiatives émergent pour canaliser cette épargne vers l’entrepreneuriat. La Chambre de commerce algéro-française (CCAF), basée à Paris, organise depuis 2025 des forums dédiés aux porteurs de projets de la diaspora. « Nous avons identifié 300 projets viables en 2025, allant des start-up tech aux PME agroalimentaires, mais les obstacles administratifs et fiscaux freinent encore les investissements », souligne Samir Hamza, président de la CCAF, dans un entretien accordé à El Moudjahid. Parmi les mesures attendues : la simplification des procédures de rapatriement de capitaux et la création d’un guichet unique pour les entrepreneurs de la diaspora.
Les défis persistants
Sur le plan politique, les tensions liées à la mémoire coloniale et aux positions divergentes sur le Sahel continuent de peser. En décembre 2025, l’Algérie a réitéré son opposition à toute intervention militaire française dans la région, une position qui complique les discussions sur les partenariats sécuritaires. « Les relations économiques ne peuvent pas être totalement déconnectées du contexte géopolitique », analyse un diplomate européen en poste à Alger, sous couvert d’anonymat.
Des opportunités sectorielles précises
L’agroalimentaire est un autre secteur porteur. L’Algérie importe encore 70 % de ses besoins en produits laitiers et 50 % en céréales, selon les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS). Des groupes comme Lactalis et Danone ont récemment exprimé leur intérêt pour des partenariats avec des producteurs locaux, notamment dans la filière laitière. « Nous étudions la possibilité de créer des unités de production en joint-venture avec des coopératives algériennes », confirme un porte-parole de Lactalis, cité par La Tribune Afrique.
À retenir pour les entrepreneurs
La mission du Medef à Alger ouvre des perspectives concrètes dans l’énergie, les infrastructures et le numérique, avec des projets chiffrés à plusieurs centaines de millions d’euros. Pour la diaspora, les transferts d’argent vers l’investissement productif restent un gisement inexploité, malgré les initiatives des chambres de commerce. Les secteurs du numérique et de l’agroalimentaire offrent des opportunités immédiates, à condition de surmonter les obstacles administratifs et fiscaux.
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