Le 30 septembre 2024, la Caisse Nationale des Assurances Sociales (CNAS) et le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Saint-Pierre de Bruxelles ont signé un accord de coopération médicale. Ce partenariat, révélé par Le Jeune Indépendant, permet aux assurés algériens d’accéder à des soins spécialisés en Belgique, avec une prise en charge partielle par la CNAS. Une première pour l’Algérie, qui ouvre des opportunités concrètes pour les entrepreneurs du secteur santé et les patients.
Un cadre juridique et financier inédit
L’accord couvre plusieurs spécialités médicales, dont la cardiologie, l’oncologie et la chirurgie complexe. Les patients algériens bénéficieront d’un remboursement partiel des frais, calculé sur la base des tarifs algériens, tandis que la différence sera à leur charge ou couverte par une assurance complémentaire. Selon la CNAS, ce mécanisme vise à réduire les coûts du tourisme médical, estimé à plus de 500 millions de dollars annuels pour l’Algérie, selon les données de la Banque d’Algérie en 2023.
Le CHU Saint-Pierre, classé parmi les meilleurs hôpitaux européens, s’engage à réserver des créneaux pour les patients algériens et à faciliter les démarches administratives. « Nous avons négocié des délais d’attente réduits, avec une priorité pour les cas urgents », précise le Dr. Karim Benchenouf, directeur des relations internationales à la CNAS. Les premiers patients devraient être accueillis dès le premier trimestre 2025.
Opportunités pour les entrepreneurs algériens
Ce partenariat crée un écosystème favorable aux startups et PME spécialisées dans la santé. Plusieurs segments émergent :
1. Médiation médicale : Des agences locales, comme MedVoyage Algérie ou Health Bridge, peuvent se positionner comme intermédiaires entre les patients, la CNAS et les hôpitaux belges. Leur rôle inclut l’organisation des voyages, l’obtention des visas médicaux et le suivi administratif. Le marché est estimé à 20 000 patients par an, selon une étude du cabinet DZ Health Consulting.
2. Assurances complémentaires : Les compagnies algériennes, telles que SAA ou Alliance Assurances, pourraient développer des produits couvrant la différence de coût entre les tarifs algériens et belges. « Un patient opéré en Belgique paie en moyenne 30 % de plus qu’en Algérie. Une assurance complémentaire à 500 euros par an pourrait attirer 10 000 souscripteurs », analyse un courtier anonyme.
3. Logistique et accompagnement : Les entreprises de transport médical, comme Ambulance Express, voient une demande croissante pour des vols sanitaires ou des transferts en ambulance depuis les aéroports algériens vers Bruxelles. Un vol médical coûte entre 15 000 et 25 000 dinars algériens (DA), selon la complexité du cas.
4. Télémédecine et suivi post-opératoire : Les plateformes algériennes de télémédecine, comme Dokki ou E-santé, pourraient collaborer avec le CHU Saint-Pierre pour assurer le suivi des patients après leur retour. « Un patient opéré à l’étranger a besoin d’un suivi local. Nous travaillons déjà avec des cliniques privées à Alger et Oran pour des consultations à distance », explique le fondateur de Dokki, Samir Belabbes.
Défis et limites du modèle
Le partenariat soulève des questions sur la capacité de la CNAS à absorber la demande. En 2023, 12 000 Algériens ont voyagé à l’étranger pour des soins, principalement en Tunisie, en Turquie et en France. « Si 20 % de ces patients choisissent la Belgique, le système devra gérer 2 400 cas supplémentaires par an. La CNAS doit renforcer ses équipes pour éviter les retards », avertit un expert en santé publique.
Autre enjeu : la transparence des coûts. Les patients devront être informés en amont des frais restants à leur charge. « Certains hôpitaux européens facturent des suppléments non couverts par les assurances. Il faut un cadre clair pour éviter les mauvaises surprises », souligne Le Jeune Indépendant.
Impact sur la diaspora algérienne
La communauté algérienne en Belgique, forte de 50 000 personnes, pourrait jouer un rôle clé. Des associations comme Fédération des Algériens en Belgique (FAB) envisagent de créer des cellules d’accueil pour les patients. « Nous pouvons aider à trouver des logements temporaires ou des interprètes. C’est une opportunité pour renforcer les liens entre la diaspora et l’Algérie », déclare le président de la FAB, Mourad Benali.
Les entrepreneurs de la diaspora pourraient aussi investir dans des résidences médicalisées ou des services d’accompagnement. « Un patient algérien en Belgique a besoin d’un logement adapté, de repas halal et d’un soutien psychologique. C’est un marché de niche pour les investisseurs », note un consultant en économie de la santé.
À retenir pour les entrepreneurs
Ce partenariat CNAS-CHU Bruxelles ouvre un marché de 20 000 patients annuels pour les agences de médiation médicale et les assurances complémentaires. Les startups algériennes peuvent se positionner sur la logistique, la télémédecine et l’accompagnement des patients, avec un potentiel de chiffre d’affaires estimé à 50 millions de DA par an pour les acteurs locaux. La diaspora algérienne en Belgique offre un réseau d’appui pour développer des services annexes.
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