L’Italie muscle ses investissements industriels en Algérie

Kamel Moula, président du Conseil national des investissements (CNI), a récemment souligné l’accélération des projets italiens en Algérie lors d’une rencontre avec des opérateurs économiques transalpins. Selon un rapport de la fondation Machiavelli, cité par Algerie Patriotique, ces investissements ciblent trois secteurs clés : l’énergie, l’agroalimentaire et la logistique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, l’Italie est devenue le deuxième investisseur étranger en Algérie après la France, avec un volume de projets dépassant les 2,3 milliards de dollars.

Des usines et des partenariats concrets

Dans l’agroalimentaire, le groupe Ferrero a inauguré en avril 2026 une nouvelle ligne de production de Nutella à Béjaïa, augmentant sa capacité de 30 %. L’usine, qui emploie déjà 450 personnes, s’approvisionne en noisettes auprès de coopératives locales. Ces investissements s’accompagnent de transferts de technologie, comme l’a confirmé le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, lors d’une visite sur le site de Béjaïa.

Un cadre juridique attractif, mais des défis persistants

La question des visas reste également sensible. Malgré les accords signés en 2024, les entrepreneurs italiens se plaignent de délais d’attente pouvant aller jusqu’à trois mois pour un visa de travail. « C’est un paradoxe : on nous invite à investir, mais on nous complique la vie sur le terrain », confie un responsable de la Chambre de commerce italienne en Algérie, sous couvert d’anonymat.

L’énergie, secteur phare de la coopération

Côté renouvelables, l’entreprise italienne Enel Green Power a lancé en 2026 la construction d’un parc solaire de 200 MW à Adrar, en collaboration avec Sonelgaz. Le projet, qui s’inscrit dans le plan algérien de production de 15 000 MW d’énergies propres d’ici 2030, bénéficie d’un tarif d’achat garanti de 0,06 euro par kWh. « L’Algérie a un potentiel solaire exceptionnel, et les conditions sont désormais réunies pour en faire un hub régional », déclare Luca Solfaroli, directeur d’Enel pour l’Afrique du Nord.

La diaspora algérienne, un relais sous-exploité

Pourtant, les dispositifs de soutien aux entrepreneurs de la diaspora restent limités. Le fonds Diaspora Invest, lancé en 2023 par le ministère des Affaires étrangères, n’a financé que 12 projets à ce jour, pour un montant total de 3,5 millions de dollars. « On parle beaucoup de la diaspora, mais les moyens ne suivent pas », regrette un membre du Conseil national économique et social (CNES).

Les opportunités pour les entrepreneurs algériens

Autre secteur porteur : la formation professionnelle. Les entreprises italiennes recrutent massivement, mais peinent à trouver des profils qualifiés. Le groupe ENI a ainsi lancé un programme de formation en partenariat avec l’Institut national de la formation professionnelle (INFP) pour former 500 techniciens en maintenance industrielle d’ici 2027.

À retenir pour les entrepreneurs
Les investissements italiens en Algérie se concentrent sur l’industrie, l’énergie et l’agroalimentaire, avec des opportunités pour les sous-traitants locaux. Les zones économiques spéciales offrent des avantages fiscaux, mais les lenteurs administratives restent un frein. La diaspora algérienne en Italie peut faciliter les partenariats, mais les dispositifs de soutien manquent de moyens. Les entrepreneurs algériens ont intérêt à se positionner sur les chaînes de valeur créées par ces projets, notamment dans la logistique et la formation.

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