Selon Hespress Français – Actualités du Maroc, les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc ont connu une hausse spectaculaire de 91% en 2025. Ce bond place le royaume en tête des destinations maghrébines pour les capitaux internationaux, une performance qui contraste avec la relative stagnation des flux vers l’Algérie. Pour les entrepreneurs algériens et la diaspora, cette dynamique soulève des questions sur les opportunités manquées et les leviers à actionner pour capter une part plus importante de ces investissements.
Un écart qui se creuse avec l’Algérie
Pour les entrepreneurs algériens, cette tendance est un signal d’alerte. Le Maroc a su diversifier son économie en misant sur des écosystèmes industriels intégrés, comme celui de Tanger Med, qui attire des géants comme Renault ou Stellantis. En Algérie, malgré des atouts similaires – main-d’œuvre qualifiée, position géographique stratégique –, les investisseurs étrangers restent freinés par des procédures administratives complexes et un cadre juridique perçu comme instable.
Secteurs porteurs et stratégies d’attraction
L’Algérie dispose pourtant d’un potentiel comparable, voire supérieur, dans certains secteurs. Le pays est le premier producteur de gaz naturel en Afrique et possède un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, idéal pour le solaire. Cependant, l’absence de partenariats public-privé structurants et la lenteur des réformes freinent l’émergence de projets d’envergure. Les entrepreneurs locaux, souvent confrontés à des difficultés d’accès au financement, pourraient tirer parti de cette dynamique marocaine en s’inspirant de ses modèles de collaboration avec les investisseurs étrangers.
La diaspora algérienne, un levier sous-exploité
Le Maroc a su mobiliser sa diaspora en simplifiant les démarches pour les investisseurs expatriés et en créant des fonds dédiés, comme le « Fonds Marocain pour l’Investissement ». En Algérie, des initiatives similaires existent, mais leur portée reste limitée. Les entrepreneurs de la diaspora pourraient pourtant jouer un rôle clé dans la modernisation de secteurs comme l’agroalimentaire, les technologies ou le tourisme, à condition que les conditions d’investissement soient clarifiées et sécurisées.
Quels enseignements pour l’Algérie ?
1. Accélérer les réformes structurelles : La loi sur l’investissement adoptée en 2022 a marqué un premier pas, mais son application reste inégale. Une simplification des procédures pour les investisseurs étrangers et locaux est indispensable.
2. Miser sur les secteurs à fort potentiel : Les énergies renouvelables, l’agriculture et les technologies numériques sont des domaines où l’Algérie pourrait attirer davantage de capitaux, à condition de proposer des cadres réglementaires clairs et incitatifs.
3. Renforcer les partenariats public-privé : Les projets d’infrastructure, comme les zones industrielles ou les parcs technologiques, pourraient bénéficier d’une collaboration accrue entre l’État et les investisseurs privés, y compris ceux de la diaspora.
Un appel à l’action pour les entrepreneurs
La diaspora, quant à elle, pourrait s’organiser pour créer des réseaux d’investissement transnationaux, à l’image de ce qui se fait au Maroc ou en Tunisie. Des plateformes de financement participatif ou des fonds d’investissement dédiés aux projets algériens pourraient émerger, à condition que les garanties juridiques et fiscales soient renforcées.
À retenir pour les entrepreneurs
Le Maroc a prouvé qu’une hausse significative des IDE est possible avec des réformes ciblées et une stratégie économique claire. Pour l’Algérie, cette performance est un rappel que les opportunités existent, mais qu’elles nécessitent un environnement plus favorable aux affaires. Les entrepreneurs locaux et de la diaspora ont un rôle central à jouer pour transformer cette dynamique en leviers de croissance.
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