L’Algérie sort de la liste grise du GAFI

L’Algérie a officiellement quitté la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en juin 2026, marquant une étape clé pour son intégration économique internationale. Cette décision, annoncée par le GAFI lors de sa réunion plénière, récompense les efforts déployés par les autorités algériennes pour renforcer leur cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Le ministre des Finances, Laaziz Faid, a confirmé cette sortie dans une déclaration à l’Agence Presse Service (APS), soulignant que cette avancée « ouvre de nouvelles opportunités pour les investisseurs étrangers et les entreprises algériennes ». Selon lui, cette décision devrait faciliter les transactions financières internationales et réduire les coûts liés aux contrôles renforcés imposés aux pays listés.

Le processus de sortie a été engagé en 2022, lorsque l’Algérie a été placée sous surveillance accrue par le GAFI. Le pays a depuis adopté une série de réformes législatives et institutionnelles, dont la création de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) et la mise en place de mécanismes de contrôle plus stricts pour les banques et les institutions financières. Ces mesures ont été saluées par les experts du GAFI, qui ont reconnu les progrès réalisés lors de leurs évaluations.

Un impact concret sur l'économie algérienne

La sortie de la liste grise du GAFI devrait avoir des répercussions immédiates sur l’économie algérienne. Les banques algériennes, jusqu’alors soumises à des vérifications supplémentaires lors des transactions internationales, pourront désormais opérer avec moins de contraintes. Cela devrait réduire les délais et les coûts pour les entreprises exportatrices, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’agroalimentaire.

Selon un rapport de la Banque d’Algérie publié récemment, les entreprises algériennes ont subi des surcoûts estimés à plusieurs millions de dinars en raison des restrictions imposées par le statut de liste grise. Avec cette sortie, les exportateurs algériens, comme Sonatrach ou Cevital, devraient bénéficier d’un accès plus fluide aux marchés internationaux.

Les défis restants

Si cette sortie est une bonne nouvelle, les autorités algériennes doivent maintenir leurs efforts pour éviter un retour dans la liste grise. Le GAFI a souligné que l’Algérie devra continuer à renforcer ses mécanismes de surveillance, notamment en matière de transparence des flux financiers et de lutte contre la corruption.

Le président de la Commission bancaire algérienne, Mohamed Loukal, a indiqué que des audits réguliers seront menés pour s’assurer du respect des normes internationales. « Nous ne devons pas relâcher notre vigilance. La sortie de la liste grise est une étape, mais pas une fin en soi », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Réactions des acteurs économiques

Les milieux d’affaires algériens ont accueilli cette nouvelle avec optimisme. Le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad, a salué une « décision historique » qui devrait « booster la confiance des investisseurs étrangers ». Plusieurs entreprises internationales, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, avaient exprimé des réticences à s’implanter en Algérie en raison des risques liés à la liste grise.

De son côté, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a annoncé que des discussions étaient en cours avec des partenaires européens pour relancer des projets d’investissement gelés ces dernières années. « Cette sortie est un signal fort pour les investisseurs. Nous travaillons déjà sur des accords concrets », a-t-il affirmé.

Un pas vers la normalisation financière

La sortie de la liste grise du GAFI s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes économiques en Algérie. Depuis 2020, le pays a engagé plusieurs mesures pour moderniser son système financier, dont la libéralisation partielle du marché des changes et la création de zones économiques spéciales.

Selon un analyste financier interrogé par El Watan, cette décision pourrait également faciliter l’accès de l’Algérie aux financements internationaux. « Les institutions comme la Banque mondiale ou le FMI seront plus enclines à soutenir des projets en Algérie, maintenant que le pays a démontré sa conformité aux normes internationales », a-t-il expliqué.

Prochaines étapes

Les autorités algériennes prévoient de poursuivre leurs réformes pour consolider cette avancée. Parmi les priorités figurent le renforcement des capacités de la CTRF et la formation des agents bancaires aux nouvelles normes de conformité. Un plan d’action a été élaboré en collaboration avec le GAFI pour les trois prochaines années.

Le Premier ministre, Nadir Larbaoui, a insisté sur l’importance de cette sortie lors d’une réunion du Conseil des ministres. « Cette décision est le fruit d’un travail collectif. Nous devons maintenant capitaliser sur cette dynamique pour attirer davantage d’investissements et diversifier notre économie », a-t-il déclaré.

La sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI marque un tournant pour son économie. Si les défis restent nombreux, cette avancée ouvre la voie à une intégration plus poussée dans les circuits financiers internationaux et à une relance des investissements étrangers. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer l’impact concret de cette décision sur le terrain.

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