Cette semaine, l’Institut Pasteur d’Alger (IPA) a lancé une mise en garde officielle contre la multiplication des tests de dépistage du coronavirus réalisés par des laboratoires universitaires non agréés. Dans un communiqué relayé par l’Agence Presse Service (APS), l’institution scientifique a rappelé que seuls les tests validés par les autorités sanitaires algériennes peuvent garantir des résultats fiables. Cette alerte intervient alors que plusieurs établissements d’enseignement supérieur ont commencé à proposer des analyses PCR et sérologiques sans autorisation préalable du ministère de la Santé.
Des laboratoires universitaires hors cadre réglementaire
Le professeur Kamel Senhadji, directeur général de l’IPA, a précisé lors d’une conférence de presse que « les protocoles de validation des tests sont stricts et nécessitent des équipements calibrés ainsi qu’un personnel formé selon les normes internationales ». Il a ajouté que les résultats issus de laboratoires non certifiés pourraient fausser les statistiques épidémiologiques et induire en erreur les patients.
Risques sanitaires et conséquences juridiques
Sur le plan juridique, les responsables des universités concernées s’exposent à des sanctions. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a d’ailleurs rappelé, dans une circulaire interne, que toute activité de dépistage doit être préalablement approuvée par les instances sanitaires compétentes. Plusieurs doyens d’université ont confirmé à la presse locale avoir reçu des instructions claires en ce sens.
Une réponse coordonnée des autorités
L’IPA a proposé d’accompagner les universités dans la certification de leurs laboratoires, en mettant à disposition des experts pour former le personnel et vérifier les équipements. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des capacités locales en matière de diagnostic, comme l’a souligné le professeur Senhadji : « Nous devons capitaliser sur les compétences existantes pour construire un système résilient. »
Un débat sur la recherche médicale en Algérie
À l’inverse, des spécialistes comme le docteur Nadia Benahmed, épidémiologiste à l’hôpital Mustapha Pacha, défendent une approche prudente : « La santé publique n’est pas un terrain d’expérimentation. Les protocoles doivent être respectés pour éviter des erreurs aux conséquences graves. »
Prochaines étapes
En parallèle, l’IPA a lancé une campagne de sensibilisation auprès des citoyens pour les informer des risques liés aux tests non certifiés. Des affiches et des spots radio diffusés sur la Chaîne 3 rappellent que « seuls les résultats émis par les laboratoires agréés sont valables pour les voyages internationaux ou les demandes administratives ».
Cette crise révèle les tensions entre la volonté d’autonomie des universités et le cadre réglementaire strict de la santé publique. Elle met aussi en lumière les défis de la coordination entre les différents acteurs du système de santé algérien, alors que le pays continue de lutter contre les séquelles de la pandémie.