Amnesty dénonce des arrestations arbitraires en Algérie

En avril 2025, Amnesty International a publié un rapport accablant sur la situation des droits humains en Algérie, pointant du doigt une série d’arrestations qualifiées d’ »arbitraires ». L’organisation non gouvernementale, connue pour son travail de défense des libertés fondamentales, a documenté plusieurs cas de détentions ciblant des militants, des journalistes et des membres de la société civile. Ces révélations interviennent dans un contexte de tensions politiques et sociales, où les autorités algériennes sont régulièrement critiquées pour leur gestion des dissidences.

Des arrestations ciblées et des motifs flous

Un autre cas emblématique est celui de Said Salhi, membre du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), arrêté en février 2025. Salhi, qui milite pour la reconnaissance des droits des Amazighs, a été placé en détention provisoire sans que les charges retenues contre lui ne soient clairement exposées. Amnesty International souligne que ces arrestations s’inscrivent dans une « stratégie de musellement des voix critiques », notamment depuis le mouvement de protestation du Hirak en 2019.

Une justice sous pression

En réponse à ces accusations, le ministère de la Justice algérien a rejeté les allégations d’Amnesty International, les qualifiant de « partiales et infondées ». Dans un communiqué publié en avril 2025, les autorités affirment que « l’Algérie respecte les droits humains et applique la loi de manière impartiale ». Pourtant, les cas documentés par l’ONG et d’autres organisations, comme Human Rights Watch, contredisent cette version officielle.

Réactions internationales et mobilisation locale

Sur le terrain, les militants algériens continuent de se mobiliser malgré les risques. Des collectifs comme le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) organisent régulièrement des sit-in devant les tribunaux et les prisons pour réclamer la libération des prisonniers politiques. « Nous ne nous tairons pas, même si cela signifie risquer notre liberté », déclare un membre du CNLD, sous couvert d’anonymat.

Un contexte politique tendu

Par ailleurs, la répression des manifestations pacifiques s’est intensifiée. En 2024, des centaines de personnes ont été arrêtées lors de rassemblements, notamment à Alger, Oran et Béjaïa. Les forces de sécurité ont recours à des méthodes musclées, comme l’utilisation de gaz lacrymogènes et les arrestations préventives, pour disperser les foules. « La liberté de manifestation est devenue un luxe en Algérie », déplore un avocat spécialisé dans les droits humains.

Les défis de la société civile

Les organisations internationales, comme Reporters sans frontières (RSF), dénoncent également les restrictions imposées à la presse. En 2025, plusieurs journalistes ont été condamnés à des peines de prison pour « diffusion de fausses informations » ou « atteinte à l’unité nationale ». Parmi eux, le cas de Khaled Drareni, correspondant de RSF en Algérie, qui a été arrêté à plusieurs reprises pour son travail d’information sur le Hirak.

Vers une issue incertaine

Pour l’instant, les signes d’ouverture restent limités. Le président Tebboune a récemment déclaré que « l’Algérie n’a pas de leçons à recevoir en matière de droits humains », tout en promettant des réformes. Pourtant, sur le terrain, les arrestations se poursuivent, et la méfiance entre les autorités et la société civile ne faiblit pas. Dans ce climat, l’espoir d’une amélioration repose sur la mobilisation continue des Algériens et sur la pression internationale.

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