Le ministère de la Santé a officiellement lancé cette semaine la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière pour la période 2025-2026. Selon un communiqué publié par l’Algérie Presse Service (APS), cette initiative vise à protéger les populations vulnérables face aux risques accrus de complications liées à cette infection virale.
Les centres de santé publics et les établissements hospitaliers à travers le pays ont commencé à recevoir les premières doses du vaccin. D’après les informations relayées par la Radio algérienne, la campagne cible en priorité les personnes âgées de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les patients atteints de maladies chroniques et le personnel soignant. Le ministère insiste sur l’importance de la vaccination pour réduire la pression sur les structures hospitalières pendant la période hivernale.
Le directeur de la prévention au ministère de la Santé, Dr. Mohamed Miraoui, a précisé que « le vaccin disponible cette année couvre les souches virales les plus récentes, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ». Il a également souligné que la campagne s’accompagne d’une campagne de sensibilisation dans les médias et les réseaux sociaux pour encourager la population à se faire vacciner.
Les autorités sanitaires rappellent que la grippe saisonnière provoque chaque année des milliers d’hospitalisations en Algérie. En 2024, près de 12 000 cas graves avaient été enregistrés, selon les données du ministère. La vaccination reste le moyen le plus efficace pour prévenir les formes sévères de la maladie, en particulier chez les personnes fragiles.
Les citoyens peuvent se rendre dans les centres de vaccination sans rendez-vous préalable. Le vaccin est gratuit pour les groupes à risque et disponible à un tarif subventionné pour le reste de la population. Les wilayas du sud, où les conditions climatiques favorisent la propagation des virus respiratoires, bénéficient d’une attention particulière avec des stocks supplémentaires de doses.
Cette campagne intervient dans un contexte marqué par une vigilance accrue face aux maladies infectieuses. Le ministère de la Santé a récemment renforcé son système de surveillance épidémiologique pour détecter précocement toute résurgence de cas. Les laboratoires de référence à Alger, Oran et Constantine sont mobilisés pour analyser les souches circulantes et adapter si nécessaire les stratégies de prévention.
Les professionnels de santé appellent à ne pas négliger les gestes barrières, même après la vaccination. Le port du masque dans les lieux publics bondés et le lavage régulier des mains restent recommandés pour limiter la transmission du virus. Les autorités sanitaires rappellent également que le vaccin contre la grippe ne protège pas contre le Covid-19, et que les deux vaccinations peuvent être réalisées simultanément si nécessaire.
La campagne de vaccination se poursuivra jusqu’à la fin du mois de décembre, avec une évaluation intermédiaire prévue mi-novembre pour ajuster la distribution des doses en fonction de la demande. Le ministère de la Santé a indiqué qu’un numéro vert serait mis en place pour répondre aux questions des citoyens concernant la vaccination.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie globale du gouvernement pour renforcer la couverture vaccinale en Algérie. En mai dernier, le président Abdelmadjid Tebboune avait souligné l’importance de la prévention dans le système de santé national, lors de la remise du Prix présidentiel au chercheur innovant. Plusieurs lauréats de ce prix travaillent sur des projets liés à la santé publique, dont certains concernent directement la lutte contre les maladies infectieuses.
Les spécialistes algériens en épidémiologie suivent avec attention l’évolution de la situation sanitaire dans les pays voisins. La propagation du virus de la fièvre de la vallée du Rift au Sénégal, rapportée par RFI, rappelle la nécessité de maintenir une surveillance active aux frontières. Bien que ce virus ne soit pas encore détecté en Algérie, les autorités sanitaires ont mis en place des protocoles de détection précoce pour toute suspicion de cas importé.
La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2025-2026 représente un effort coordonné entre plusieurs acteurs du système de santé algérien. Les directions de la santé des wilayas, les établissements hospitaliers et les associations de patients collaborent pour assurer une couverture optimale. Les médecins généralistes et les pédiatres jouent un rôle clé dans l’information des patients et la promotion de la vaccination.
Le ministère de la Santé a également annoncé la mise en place d’équipes mobiles pour vacciner les personnes à mobilité réduite ou vivant dans des zones reculées. Cette approche vise à garantir un accès équitable au vaccin sur l’ensemble du territoire national. Les données de vaccination seront collectées en temps réel via une plateforme numérique développée par l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS).
Les experts rappellent que la grippe saisonnière peut avoir un impact économique significatif, en particulier sur les travailleurs indépendants et les petites entreprises. Une étude récente menée par l’Institut national de la santé publique (INSP) a estimé que les épidémies de grippe coûtent chaque année plusieurs milliards de dinars à l’économie algérienne, en raison des arrêts maladie et de la baisse de productivité.
La campagne actuelle s’appuie sur les leçons tirées des années précédentes. En 2023, la couverture vaccinale avait atteint 65% chez les personnes âgées, un taux supérieur à la moyenne africaine mais encore en dessous des objectifs fixés par l’OMS. Le ministère de la Santé vise cette année une couverture de 75% pour les groupes prioritaires.
Les autorités sanitaires encouragent les Algériens à se renseigner auprès de leur médecin traitant ou des centres de santé locaux pour obtenir des informations personnalisées sur la vaccination. Les personnes présentant des symptômes grippaux sont invitées à consulter rapidement un professionnel de santé, surtout si elles appartiennent à un groupe à risque.
Cette campagne de vaccination s’inscrit dans le cadre plus large des efforts du gouvernement pour moderniser le système de santé algérien. Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a récemment présenté un plan quinquennal visant à renforcer les infrastructures sanitaires et à améliorer l’accès aux soins pour tous les citoyens. La prévention des maladies infectieuses constitue l’un des axes majeurs de ce plan.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité de la campagne. Les indicateurs de couverture vaccinale et le nombre de cas de grippe enregistrés permettront d’ajuster les stratégies en temps réel. Le ministère de la Santé a annoncé qu’un bilan complet serait publié en janvier 2026, incluant des recommandations pour les campagnes futures.