Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural algérien a engagé récemment des discussions avec une délégation indonésienne pour examiner les moyens de renforcer la coopération bilatérale dans le domaine de l’irrigation. Selon aps.dz, cette initiative s’inscrit dans une volonté commune d’échanger des expertises et de moderniser les infrastructures hydrauliques, un enjeu crucial pour les deux pays confrontés à des défis climatiques similaires.
Une rencontre axée sur les techniques d’irrigation durable
Les deux parties ont également abordé la question des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, une technique déjà déployée en Algérie dans le cadre du Plan national de développement agricole (PNDA). L’Indonésie, qui a généralisé cette méthode dans certaines régions pour lutter contre la sécheresse, pourrait proposer des solutions adaptées aux conditions climatiques du sud algérien, où les précipitations sont rares et les nappes phréatiques surexploitées.
Des enjeux stratégiques pour l’Algérie
Par ailleurs, le gouvernement algérien a lancé en 2023 un programme de réhabilitation des périmètres irrigués, doté d’un budget de 50 milliards de dinars. Ce plan vise à moderniser 150 000 hectares de terres agricoles d’ici 2027, en intégrant des solutions technologiques comme la télédétection et l’automatisation des réseaux d’irrigation. La collaboration avec l’Indonésie pourrait accélérer la mise en œuvre de ces projets, notamment en facilitant l’accès à des équipements à moindre coût.
Des défis communs face au changement climatique
Les discussions ont également porté sur la gestion des eaux usées et leur réutilisation dans l’agriculture, une pratique déjà expérimentée en Indonésie. En Algérie, où moins de 10 % des eaux traitées sont réutilisées, ce volet pourrait offrir des pistes pour atténuer la pression sur les ressources conventionnelles.
Vers une coopération concrète
Cette initiative s’ajoute à une série de partenariats récents entre l’Algérie et des pays asiatiques, comme la Chine et la Corée du Sud, dans le domaine agricole. Elle reflète une stratégie plus large de diversification des partenariats, alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux technologies européennes et à explorer de nouveaux marchés pour ses produits agricoles, notamment les dattes et les agrumes.
Pour l’Algérie, cette coopération représente une opportunité de combler son retard technologique en matière d’irrigation, tout en renforçant sa résilience face aux aléas climatiques. Pour l’Indonésie, c’est une chance d’étendre son influence économique en Afrique du Nord et de promouvoir ses solutions adaptées aux pays en développement. Les prochains mois seront déterminants pour transformer ces discussions en actions concrètes.