L’Algérie accélère ses stations de dessalement d’eau

L’Algérie a lancé un vaste programme de construction de stations de dessalement d’eau de mer pour faire face à la pénurie hydrique qui touche plusieurs régions du pays. Selon El Watan, l’État a récemment intensifié ses investissements dans ce secteur, avec des projets répartis sur tout le littoral algérien. Ces infrastructures visent à sécuriser l’approvisionnement en eau potable et à réduire la pression sur les ressources hydriques traditionnelles, déjà fragilisées par la sécheresse et la surexploitation.

Le ministère des Ressources en eau a annoncé que plusieurs stations sont en cours de réalisation ou en phase d’étude avancée. Parmi les projets les plus emblématiques figure la station de Fouka, dans la wilaya de Tipaza, qui devrait produire 120 000 mètres cubes d’eau par jour. D’autres installations sont prévues à Oran, Skikda, El Tarf et Mostaganem, avec des capacités variant entre 50 000 et 300 000 mètres cubes par jour. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie nationale visant à atteindre une production totale de 2 millions de mètres cubes d’eau dessalée par jour d’ici 2030.

Les stations de dessalement utilisent principalement la technologie d’osmose inverse, une méthode efficace mais énergivore. Pour répondre à ce défi, le gouvernement algérien mise sur les énergies renouvelables, notamment le solaire, afin de réduire l’empreinte carbone de ces installations. Selon des sources proches du secteur, des partenariats avec des entreprises spécialisées dans les énergies vertes sont en cours de négociation pour équiper certaines stations de panneaux photovoltaïques.

Le coût de ces projets est estimé à plusieurs milliards de dinars. Le financement est assuré par l’État, avec des contributions de partenaires internationaux dans certains cas. La station de Cap Djinet, par exemple, a été réalisée en collaboration avec des entreprises espagnoles et produit déjà 100 000 mètres cubes d’eau par jour depuis son inauguration en 2022. Ce modèle de coopération pourrait être reproduit pour d’autres projets, notamment avec des pays comme la Chine, l’Allemagne ou la Corée du Sud, qui disposent d’une expertise reconnue dans le domaine.

Les retombées économiques de ces infrastructures sont multiples. En plus de garantir un approvisionnement en eau stable, elles permettent de créer des emplois locaux, tant pendant la phase de construction que lors de leur exploitation. Les wilayas concernées bénéficient également d’un développement accru des activités industrielles et agricoles, grâce à une disponibilité accrue en eau. À titre d’exemple, la station de Tlemcen a permis de relancer des projets agricoles dans la région, auparavant limités par le manque d’eau.

Malgré ces avancées, des défis persistent. Le dessalement de l’eau de mer reste une solution coûteuse, tant en termes d’investissement initial que de maintenance. Les coûts énergétiques élevés et la gestion des rejets de saumure, un sous-produit du processus de dessalement, posent également des questions environnementales. Selon des experts cités par El Watan, des études sont en cours pour minimiser l’impact écologique de ces rejets, notamment en les diluant avant leur retour en mer.

Les autorités algériennes semblent déterminées à poursuivre cette voie. Lors d’une récente réunion gouvernementale, le Premier ministre, Nadir Larbaoui, a souligné l’importance de ces projets pour la souveraineté hydrique du pays. Il a également insisté sur la nécessité d’accélérer les travaux et de respecter les délais impartis, afin de répondre aux besoins croissants de la population et des secteurs économiques.

En parallèle, des campagnes de sensibilisation sont menées pour encourager une utilisation rationnelle de l’eau. Les citoyens sont invités à adopter des gestes simples, comme la réduction du gaspillage et l’utilisation d’équipements économes en eau. Ces mesures, combinées aux investissements dans les infrastructures, visent à assurer une gestion durable des ressources hydriques en Algérie.

Les stations de dessalement ne sont qu’une partie de la solution. Le gouvernement travaille également sur d’autres axes, comme la réhabilitation des réseaux de distribution, la modernisation des barrages et la promotion des techniques d’irrigation économes en eau. Ces efforts s’inscrivent dans une vision globale visant à sécuriser l’accès à l’eau pour tous les Algériens, tout en préservant les ressources pour les générations futures.

Les prochains mois seront décisifs pour le secteur. Plusieurs appels d’offres devraient être lancés pour la construction de nouvelles stations, tandis que les projets en cours entreront dans leur phase finale. Si ces initiatives aboutissent, l’Algérie pourrait devenir un modèle en matière de gestion de l’eau en Afrique du Nord, une région particulièrement touchée par le stress hydrique.

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