L’Algérie double son budget militaire en 2025

L’Algérie a récemment approuvé une hausse significative de son budget militaire, marquant un tournant dans sa stratégie de défense. Selon RFI, cette décision, prise en novembre 2022 mais mise en œuvre progressivement, a abouti à un doublement des allocations financières dédiées aux forces armées algériennes. Ce choix s’inscrit dans un contexte régional tendu, où les dépenses militaires en Afrique du Nord connaissent une escalade sans précédent.

Une réponse à la course aux armements régionale

Le Maroc, de son côté, a multiplié les partenariats avec des puissances étrangères, comme en témoignent les négociations supposées avec la Russie pour l’acquisition de chasseurs Sukhoï Su-35, rapportées par Bladi.net en 2026. Cette dynamique a contraint l’Algérie à accélérer sa modernisation militaire, notamment dans les domaines aérien et naval. La Nouvelle République Algérie a souligné en octobre 2025 que l’Algérie avait consolidé sa maîtrise de l’espace aérien, un atout clé face aux menaces croissantes.

Investissements et autonomie industrielle

Les usines de la Direction des industries militaires (DIM) et les partenariats avec des entreprises nationales comme la Société algérienne de fabrication de véhicules (SAFAV) ou l’Entreprise nationale des véhicules industriels (ENVI) jouent un rôle central dans cette dynamique. Ces initiatives permettent à l’Algérie de produire localement des blindés, des drones et des munitions, renforçant ainsi sa souveraineté stratégique.

Un budget sous contrôle parlementaire

Le président Abdelmadjid Tebboune a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises que ces investissements s’inscrivaient dans une vision globale de sécurité nationale, incluant la lutte contre le terrorisme et la protection des frontières. Les forces armées algériennes (ANP) restent un pilier de la stabilité du pays, comme l’a démontré leur rôle dans la sécurisation des régions frontalières, notamment avec la Libye et le Mali.

Des retombées économiques et sociales

Par exemple, la base aérienne de Boufarik, modernisée ces dernières années, a permis de créer des centaines d’emplois directs et indirects. De même, les programmes de formation des officiers et sous-officiers, souvent menés en collaboration avec des académies étrangères, renforcent les compétences techniques et managériales au sein de l’ANP.

Une position régionale affirmée

En outre, l’Algérie a récemment intensifié sa coopération avec des pays comme la Tunisie, où la menace des drones a conduit à des échanges d’expertise en matière de défense aérienne. Webdo a rapporté en novembre 2025 que le ministère tunisien de la Défense avait lancé un programme de lutte contre les drones, inspiré en partie par les technologies algériennes.

Un équilibre à maintenir

Cependant, les autorités algériennes insistent sur le fait que la sécurité est un préalable au développement. Le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’ANP, a déclaré lors d’une récente allocution que « la défense nationale n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour la prospérité du pays ». Cette vision, partagée par une grande partie de la classe politique et de la société civile, justifie les efforts consentis pour moderniser l’armée.

Une dynamique appelée à se poursuivre

Les partenariats avec des pays comme la Russie, la Chine et la Turquie, déjà bien établis, devraient se poursuivre, tout en étant complétés par des initiatives locales. L’objectif reste clair : faire de l’Algérie une puissance militaire autonome, capable de protéger ses intérêts et de contribuer à la stabilité régionale.

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