L’Etusa modernise son parc avec 100 bus et teste l’électrique

L’Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa) a réceptionné récemment un lot de 100 nouveaux bus, marquant une étape dans la modernisation de son parc automobile. Selon Algérie Eco, qui a relayé l’information en mars 2026, cette acquisition s’inscrit dans une stratégie plus large visant à améliorer la qualité du service public de transport dans la capitale. Parallèlement, l’Etusa a lancé une phase expérimentale de bus électriques, une première en Algérie, qui pourrait préfigurer une transition progressive vers des solutions moins polluantes.

Un parc vieillissant en cours de renouvellement

Le directeur général de l’Etusa, Mohamed Bouzidi, avait annoncé en 2025 un plan de renouvellement progressif du parc, avec un objectif de 500 bus neufs d’ici 2027. Ce premier lot de 100 unités s’inscrit dans cette feuille de route, bien que les délais initiaux aient été revus à la baisse en raison de contraintes budgétaires et logistiques. Les nouveaux bus seront déployés en priorité sur les lignes les plus fréquentées, comme celles reliant le centre-ville aux quartiers périphériques de Bab Ezzouar, Draria ou Bourouba.

L’expérimentation des bus électriques, une première nationale

Les bus électriques testés disposent d’une autonomie de 250 kilomètres par charge, ce qui correspond aux besoins des trajets urbains. Leur recharge s’effectue dans un dépôt spécialement équipé, situé à Baba Ali. Si les résultats de cette phase pilote sont concluants, l’Etusa envisage d’étendre progressivement cette technologie à d’autres lignes, en collaboration avec des partenaires locaux et internationaux. Le ministre des Transports, Kamel Beljoud, avait évoqué en 2025 la possibilité de subventions pour encourager l’adoption de véhicules propres, bien que les détails de ce mécanisme restent flous.

Des défis logistiques et financiers persistants

Un autre défi concerne la formation des conducteurs et des techniciens. Les bus électriques requièrent des compétences spécifiques en matière de maintenance et de gestion des batteries, ce qui implique des programmes de formation adaptés. L’Etusa a commencé à former une partie de son personnel, mais ce processus prendra du temps. Enfin, la question de l’approvisionnement en électricité se pose : avec des coupures fréquentes dans certaines zones, la fiabilité des bus électriques pourrait être compromise sans une alimentation stable.

Réactions des usagers et des experts

Du côté des experts, les avis divergent sur la pertinence des bus électriques dans le contexte algérien. Pour l’économiste Ahmed Benbitour, « l’électrique est une solution d’avenir, mais elle doit s’accompagner d’une stratégie globale, incluant des énergies renouvelables pour alimenter les bus ». À l’inverse, certains spécialistes du transport estiment que l’Algérie devrait d’abord se concentrer sur l’amélioration des infrastructures existantes, comme les voies réservées aux bus, avant d’investir dans des technologies coûteuses.

Vers une généralisation progressive ?

Cette modernisation s’inscrit dans une dynamique plus large, marquée par d’autres projets comme le développement du tramway d’Alger ou l’introduction de services numériques pour le suivi des bus en temps réel. Toutefois, son succès dépendra de la capacité des autorités à surmonter les obstacles financiers, techniques et logistiques qui persistent. Pour les Algérois, l’enjeu est clair : un réseau de transport plus fiable et moins polluant, capable de répondre aux besoins d’une capitale en constante expansion.

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