Conférence nationale sur la formation professionnelle en Algérie

Cette semaine, la ministre de la Formation et de l’Enseignement Professionnels, Kaoutar Arhab, a présidé une conférence nationale dédiée à l’avenir du secteur. L’événement, organisé par son département, a réuni des responsables institutionnels, des formateurs et des représentants du monde économique. Selon l’Agence Presse Service (APS), cette rencontre visait à évaluer les progrès réalisés et à définir de nouvelles orientations stratégiques pour adapter l’offre de formation aux besoins du marché du travail.

Un secteur en mutation
La conférence a mis en lumière les avancées enregistrées depuis la réforme de 2020, qui a restructuré le système de formation professionnelle en Algérie. D’après les données présentées par le ministère, plus de 600 000 jeunes ont bénéficié de formations qualifiantes en 2024, soit une hausse de 15 % par rapport à l’année précédente. Les filières les plus demandées restent celles liées aux métiers du numérique, de l’industrie et des énergies renouvelables. Kaoutar Arhab a souligné que « la formation professionnelle doit répondre aux exigences d’une économie en diversification, notamment dans les secteurs porteurs comme les énergies vertes et les technologies de l’information ».

Partenariats public-privé
L’un des axes majeurs de la conférence a porté sur le renforcement des partenariats entre les centres de formation et les entreprises. Plusieurs accords ont été annoncés, dont un avec Schneider Electric Algérie pour la création de modules spécialisés dans les énergies renouvelables. Le directeur général de l’entreprise, Mohamed Amine Boudiaf, a précisé que « ces formations permettront de former 500 techniciens d’ici 2026, en collaboration avec les instituts publics ». Un autre partenariat, avec le groupe Sonelgaz, prévoit la mise en place de programmes dédiés à la maintenance des infrastructures énergétiques.

Défis et ajustements
Malgré ces progrès, des défis persistent. Les participants ont pointé du doigt les disparités régionales dans l’accès à la formation, notamment entre les wilayas du Nord et celles du Sud. Le ministère a annoncé la création de dix nouveaux centres de formation dans les régions sahariennes, avec un accent sur les métiers liés à l’agriculture et aux énergies solaires. Par ailleurs, la question de l’insertion professionnelle des diplômés a été abordée. Selon une étude citée par l’APS, seulement 60 % des jeunes formés trouvent un emploi dans les six mois suivant leur certification. Pour y remédier, le ministère envisage d’intégrer des modules d’entrepreneuriat dans les cursus et de renforcer les liens avec les chambres de commerce.

Réactions des acteurs économiques
Les représentants du patronat ont salué les efforts du gouvernement mais ont insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes. Le président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), Reda Hamiani, a déclaré que « la formation professionnelle doit être alignée sur les besoins réels des entreprises, avec des programmes actualisés en temps réel ». Il a également plaidé pour une simplification des procédures administratives afin de faciliter l’accueil des stagiaires dans les entreprises.

Prochaines étapes
La conférence s’est conclue par l’annonce d’un plan d’action pour 2025-2027. Parmi les mesures phares figurent l’introduction de formations en alternance, inspirées du modèle allemand, et le développement de plateformes numériques pour le suivi des diplômés. Kaoutar Arhab a également évoqué la création d’un observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle, chargé d’analyser les tendances du marché et d’ajuster l’offre en conséquence.

Cette rencontre marque une étape dans la modernisation du secteur, mais son succès dépendra de la capacité des acteurs à concrétiser ces engagements sur le terrain. Pour les jeunes Algériens, l’enjeu est clair : des formations adaptées pour des emplois durables.

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