Algérie renforce ses réserves de biosphère face au climat

L’Algérie accélère ses efforts pour protéger ses écosystèmes fragiles face aux effets du changement climatique. Une récente initiative de l’UNESCO, annoncée début novembre 2024, met en lumière le renforcement de la durabilité des réserves de biosphère dans le Maghreb, avec une attention particulière portée sur les zones algériennes. Ces réserves, reconnues pour leur biodiversité et leur rôle dans l’atténuation des perturbations climatiques, deviennent un levier stratégique pour le pays.

Selon l’UNESCO, l’Algérie compte actuellement sept réserves de biosphère, dont le parc national du Tassili n’Ajjer, le parc national de l’Ahaggar et la réserve de biosphère de la vallée du M’Zab. Ces sites, classés pour leur valeur écologique et culturelle, subissent de plein fouet les conséquences des sécheresses prolongées et de la désertification. Les températures en hausse, couplées à une baisse des précipitations, menacent la faune, la flore et les communautés locales qui dépendent de ces écosystèmes.

Le ministère de l’Environnement et des Énergies renouvelables, dirigé par Samia Moualfi, a récemment souligné l’urgence d’agir. Lors d’une réunion tenue à Alger en octobre 2024, les responsables ont insisté sur la nécessité d’intégrer les réserves de biosphère dans les plans nationaux de lutte contre le changement climatique. « Ces zones ne sont pas seulement des sanctuaires naturels, mais aussi des laboratoires vivants pour tester des solutions adaptées aux réalités locales », a déclaré un responsable du ministère, cité par l’APS.

Des projets concrets sur le terrain

À Ghardaïa, dans la réserve de biosphère de la vallée du M’Zab, les autorités locales ont lancé un projet pilote de gestion durable de l’eau. Les techniques traditionnelles de captage des eaux de pluie, comme les foggaras, sont modernisées pour optimiser leur efficacité. Ces systèmes, utilisés depuis des siècles par les populations mozabites, sont désormais combinés à des solutions innovantes, comme les capteurs solaires pour le pompage de l’eau.

Implication des communautés locales

« Les communautés locales sont les premières concernées par les changements climatiques. Leur implication est essentielle pour assurer la pérennité des actions menées », explique un expert en écologie, interrogé par El Watan. À Kairouan, dans la wilaya de Tiaret, un projet similaire a été lancé en décembre 2024, où des femmes rurales sont formées à la gestion de l’eau et à la diversification des cultures pour réduire la pression sur les ressources hydriques.

Coopération internationale et financements

Par ailleurs, l’UNESCO a annoncé le lancement d’un programme régional visant à renforcer les capacités des gestionnaires de réserves de biosphère en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Ce programme, qui s’étendra sur trois ans, inclut des échanges d’expertises et des ateliers techniques pour améliorer la gestion des risques climatiques.

Défis et perspectives

Les autorités algériennes misent sur une approche intégrée pour relever ces défis. Le Plan national climat (PNC), adopté en 2021, prévoit des mesures spécifiques pour les réserves de biosphère, notamment le renforcement des contrôles et la promotion de l’écotourisme comme alternative économique durable. « L’objectif est de concilier préservation de l’environnement et développement local », précise un responsable du ministère de l’Environnement.

Un modèle pour la région

Les prochains mois seront décisifs. Les résultats des programmes de reboisement et de gestion de l’eau dans le Tassili n’Ajjer et le M’Zab seront scrutés de près par les experts internationaux. Si ces initiatives portent leurs fruits, elles pourraient inspirer des politiques similaires dans d’autres pays du Sahel, où la désertification progresse à un rythme alarmant.

Pour l’Algérie, la protection de ses réserves de biosphère n’est pas seulement une question environnementale, mais aussi une nécessité économique et sociale. Dans un contexte de raréfaction des ressources, ces écosystèmes représentent un rempart contre l’insécurité alimentaire et hydrique, tout en offrant des opportunités de développement durable pour les générations futures.

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