Sifi Ghrieb remplace Larbaoui à la primature algérienne

Le président Abdelmadjid Tebboune a limogé récemment le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane Larbaoui et nommé Nadir Sifi Ghrieb pour assurer l’intérim à la tête du gouvernement. Cette décision, annoncée par la présidence de la République, marque un tournant dans la gestion des affaires économiques et industrielles du pays, alors que l’Algérie cherche à accélérer ses réformes structurelles.

Un changement au sommet pour relancer l’industrie

D’après des sources proches du palais d’El Mouradia, ce remaniement s’inscrit dans une volonté de renforcer l’efficacité des politiques économiques. Larbaoui, en poste depuis 2023, avait été critiqué pour la lenteur dans la mise en œuvre de certains projets, notamment dans les secteurs minier et énergétique. Son départ pourrait accélérer les chantiers prioritaires, comme la transition vers les énergies renouvelables et l’exploitation des gisements miniers stratégiques.

Les priorités industrielles sous Ghrieb

Autre défi : la transition énergétique. Horizons.dz a rapporté en 2026 que l’Algérie accélère ses investissements dans les énergies solaire et éolienne, avec l’objectif de produire 15 000 mégawatts d’électricité verte d’ici 2030. Ghrieb devra superviser la mise en œuvre des partenariats avec des entreprises internationales, comme le groupe allemand Siemens ou l’émirati Masdar, déjà engagés dans des projets pilotes.

Réactions et attentes des acteurs économiques

Du côté des syndicats, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a appelé à une « politique industrielle inclusive », mettant en garde contre les licenciements dans les entreprises publiques en difficulté. Le secteur de la sidérurgie, notamment l’Entreprise nationale de sidérurgie (FERAAL), traverse une crise profonde, avec des dettes accumulées et des retards de salaires.

Un intérim sous pression

Selon tsa-algerie.com, Tebboune aurait demandé à Ghrieb de présenter un plan d’urgence pour relancer les grands projets d’infrastructures, comme le complexe hospitalo-universitaire (CHU) de Constantine, dont les travaux ont été lancés en novembre 2025. Ce chantier, d’un coût estimé à 1,2 milliard de dinars, doit servir de modèle pour d’autres réalisations similaires dans les wilayas de l’intérieur.

Les défis immédiats

Autre dossier brûlant : l’emploi des jeunes. L’Algérie compte près de 1,5 million de chômeurs, selon les chiffres officiels, et le gouvernement mise sur l’industrialisation pour absorber cette main-d’œuvre. L’approche régionale, adoptée récemment par les autorités, vise à adapter les formations professionnelles aux besoins des bassins industriels locaux. Par exemple, la wilaya d’Oran mise sur les industries pétrochimiques, tandis que celle de Sétif développe les filières agroalimentaires.

Une feuille de route à clarifier

Pour l’heure, le nouveau Premier ministre par intérim a annoncé une série de réunions avec les acteurs économiques, dont les dirigeants de la SONATRACH et de la Banque d’Algérie. L’objectif : évaluer l’état des projets en cours et identifier les blocages. « Il faut agir vite, mais avec méthode », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec les walis, selon des sources internes.

Un test pour la stabilité politique

Dans les semaines à venir, les Algériens attendent des annonces sur les prix des produits de base, la relance des chantiers de logements et la modernisation des ports, comme celui de Djen Djen, crucial pour les exportations. Si Ghrieb parvient à donner un coup d’accélérateur à ces dossiers, son intérim pourrait se transformer en une nomination définitive. Dans le cas contraire, l’Algérie risque de s’enliser dans une période d’incertitude, au moment où ses voisins maghrébins accélèrent leurs propres réformes économiques.

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