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**L’Algérie à l’épreuve de ses propres contradictions : le grand écart entre promesses et réalités**
L’Algérie de 2025 se présente comme un pays en mouvement, tiraillé entre des ambitions démesurées et des blocages structurels qui résistent aux annonces tonitruantes. Les dix domaines d’actualité récente dessinent une carte où se superposent des dynamiques contradictoires : une volonté de modernisation économique et technologique, portée par des investissements étrangers et des plans gouvernementaux ambitieux, se heurte à des inerties bureaucratiques, des tensions géopolitiques et une société civile en quête de sens. Derrière les discours sur la « relance », la « transition énergétique » ou la « démocratie participative », se cache une réalité plus complexe, où l’Algérie oscille entre le désir d’être un acteur régional incontournable et la peur de perdre son âme dans une mondialisation qu’elle ne maîtrise pas.
Ce qui frappe, c’est l’absence de fil conducteur clair. L’Algérie semble avancer par à-coups, comme un navire dont les voiles seraient gonflées par des vents contraires. D’un côté, des projets pharaoniques – 2 millions de logements, des méga-parcs solaires, une industrie pharmaceutique locale – ; de l’autre, des signaux d’alerte sur la précarité des quartiers, la fuite des savoir-faire artisanaux ou la persistance d’un système politique verrouillé. Le pays est-il en train de construire son avenir, ou de reproduire, sous des formes nouvelles, les mêmes dysfonctionnements ?
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**L’énergie solaire : le mirage européen et les promesses saoudiennes**
Le Sud algérien est devenu le terrain de jeu des ambitions énergétiques européennes. Alors que l’Union européenne cherche désespérément à diversifier ses approvisionnements, l’Algérie, avec son ensoleillement exceptionnel, se positionne comme un partenaire clé. Les projets de parcs solaires géants, couplés à des investissements saoudiens comme ceux de la holding Abunayyan, pourraient faire du pays un exportateur majeur d’électricité verte. Pourtant, cette transition énergétique reste largement pilotée de l’extérieur.
La question est double : d’abord, l’Algérie a-t-elle les moyens de négocier des partenariats équilibrés, ou risque-t-elle de reproduire le schéma des hydrocarbures, où la rente profite davantage aux multinationales qu’à la population ? Ensuite, cette transition est-elle pensée pour répondre aux besoins locaux, ou uniquement pour alimenter les marchés européens ? Les annonces sur le vitrage solaire de ClearVue, capable de générer 50 watts par mètre carré, suggèrent des applications urbaines prometteuses, mais rien ne garantit que ces innovations bénéficieront d’abord aux Algériens.
Par ailleurs, cette ruée vers le solaire contraste avec les difficultés persistantes du secteur énergétique traditionnel. Les coupures d’électricité, bien que moins fréquentes qu’en 2023, restent un sujet de mécontentement. L’Algérie est-elle en train de sauter une étape, en misant sur le solaire sans avoir résolu les problèmes de base de son réseau électrique ?
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**Logement et précarité : le grand plan qui cache la crise**
Le gouvernement algérien a dévoilé un « grand plan de relance » pour produire 2 millions de logements d’ici 2030, présenté comme les « JO du logement » et le « Notre-Dame de la construction ». Derrière cette rhétorique triomphaliste, se cache une réalité plus sombre. D’abord, les annonces de réduction de 10 % pour les souscripteurs AADL 3, bien que bienvenues, ne suffiront pas à résoudre la crise du logement, qui touche particulièrement les jeunes et les classes moyennes.
Le problème est structurel : le secteur du bâtiment est gangrené par la corruption, les retards de livraison et la spéculation foncière. Les « 2 millions de logements » risquent de se transformer en coquilles vides, comme tant d’autres projets avant eux. Pire, ce plan pourrait aggraver les inégalités territoriales, en concentrant les investissements dans les grandes villes au détriment des zones rurales, où la précarité est déjà endémique.
La question du logement est indissociable de celle des quartiers précaires, évoquée dans les relations Algérie-Maroc. Les problèmes d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans ces zones révèlent une fracture sociale qui ne se résoudra pas par des plans de construction massifs, mais par une véritable politique d’aménagement du territoire. L’Algérie a-t-elle les moyens de cette ambition, ou est-elle condamnée à reproduire un urbanisme chaotique, où les bidonvilles côtoient les tours flambant neuves ?
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**Pharmacie et santé : entre innovation et dépendance**
Le secteur pharmaceutique algérien est à un tournant. L’annonce d’un nouveau traitement contre l’arthrose, capable de régénérer le cartilage, montre que le pays a des capacités d’innovation. Pourtant, ces avancées restent fragiles. L’appel à légiférer sur la préparation des médicaments en hôpitaux révèle un système de santé encore trop dépendant des importations et des laboratoires étrangers.
Le Kenya, avec sa stratégie de fabrication locale de produits de santé, offre un contre-exemple intéressant. L’Algérie pourrait-elle s’inspirer de ce modèle pour réduire sa dépendance ? Rien n’est moins sûr. Le secteur pharmaceutique algérien souffre d’un manque de coordination entre la recherche, la production et la distribution. Les hôpitaux publics, souvent sous-équipés, peinent à répondre aux besoins de la population, tandis que les cliniques privées, réservées à une élite, creusent les inégalités.
La santé est aussi un enjeu politique. Dans un pays où l’espérance de vie stagne et où les maladies chroniques progressent, la question de l’accès aux soins est cruciale. Le gouvernement mise sur des partenariats public-privé pour moderniser les infrastructures, mais ces projets sont souvent lents à se concrétiser. L’Algérie peut-elle éviter le scénario d’une santé à deux vitesses, où seuls les plus riches bénéficient des dernières innovations ?
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**PME et entrepreneuriat : le potentiel rural ignoré**
Les PME algériennes, notamment rurales, sont présentées comme le moteur de la croissance future. Pourtant, elles restent marginalisées par un système économique qui favorise les grands groupes et les importations. Les résultats financiers de NSIA Banque en Côte d’Ivoire montrent que les banques africaines peuvent jouer un rôle clé dans le financement des PME, mais en Algérie, l’accès au crédit reste un parcours du combattant.
Le problème est double : d’abord, les PME algériennes manquent de visibilité et de soutien institutionnel. Ensuite, elles sont souvent cantonnées à des secteurs peu valorisés, comme l’artisanat ou l’agriculture, alors qu’elles pourraient être des acteurs majeurs de la transition écologique ou numérique. La BAD, dans ses analyses sur la Tunisie, souligne l’importance de renforcer l’attractivité des PME, mais l’Algérie semble encore loin de cette prise de conscience.
Pourtant, les PME rurales pourraient être un levier de développement territorial. En valorisant les savoir-faire locaux, comme le tissage de filets ou l’utilisation des plantes spontanées, elles pourraient créer des emplois et réduire l’exode vers les villes. Mais pour cela, il faudrait une véritable politique de soutien, avec des financements adaptés et une simplification administrative. Or, l’Algérie reste prisonnière d’une bureaucratie étouffante, qui décourage les entrepreneurs.
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**Patrimoine et cinéma : la bataille culturelle**
L’Algérie est engagée dans une course contre la montre pour préserver son patrimoine. Les annonces sur l’artisanat du tissage de filets ou les savoirs locaux sur les plantes spontanées montrent une prise de conscience, mais les moyens manquent. Les artisans, souvent âgés, peinent à transmettre leurs techniques, et les jeunes se tournent vers des métiers plus lucratifs. Le risque est réel : que ces savoir-faire disparaissent, emportant avec eux une partie de l’identité algérienne.
Le cinéma algérien, lui, est en pleine effervescence. Des films comme La Dernière Reine d’Adila Bendimerad et Damien Ounouri ou les déclarations de Merzak Allouache sur l’islamisation de la société montrent une volonté de questionner le présent. Pourtant, le secteur reste fragile, dépendant des financements publics et des festivals internationaux. Rachid Bouchareb, avec son regard sur l’islam en Amérique, rappelle que le cinéma algérien peut être un pont entre les cultures, mais il doit d’abord trouver son public local.
La question du patrimoine et du cinéma est indissociable de celle de la mémoire. L’Algérie, après des décennies de silence sur son histoire récente, commence à peine à affronter son passé. Les films et les initiatives culturelles sont des outils pour cette réappropriation, mais ils se heurtent à une société encore divisée sur son identité.
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**Politique et presse : le théâtre des illusions**
Les élections présidentielles algériennes de 2025 s’annoncent comme un scrutin sans suspense, où la participation sera la grande inconnue. Dans un pays où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant, mais où la presse reste sous contrôle, la démocratie algérienne ressemble à un théâtre d’ombres. Les conseils pour couvrir les élections à l’ère des réseaux sociaux montrent une prise de conscience des enjeux, mais aussi une défiance envers les médias traditionnels.
La presse algérienne, elle, est prise en étau entre la censure et l’autocensure. Les sujets sensibles – corruption, islamisme, relations avec le Maroc – sont souvent évités, au profit d’une information aseptisée. Pourtant, des initiatives comme la « super appli » éthiopienne pour les démarches administratives montrent que le numérique peut être un outil de transparence. L’Algérie pourrait-elle s’en inspirer pour moderniser son administration ? Rien n’est moins sûr, tant le système reste verrouillé.
Les relations avec le Maroc, elles, restent un sujet tabou. Les analyses sur l’environnement sanitaire des quartiers précaires rappellent que les deux pays partagent des défis communs, mais leur rivalité empêche toute coopération. L’Algérie, en se refermant sur elle-même, risque de rater des opportunités de développement régional.
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**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**
L’Algérie de 2025 est un pays en tension, où les promesses de modernisation se heurtent à des réalités sociales et politiques complexes. Plusieurs scénarios se dessinent pour son avenir :
1. Le scénario de la continuité : L’Algérie poursuit sa politique actuelle, avec des plans ambitieux mais mal exécutés, une économie dépendante des hydrocarbures et des tensions sociales contenues par la répression. Ce scénario mène à une stagnation, voire à un déclin relatif, dans un contexte régional instable.
2. Le scénario de la rupture : Une crise majeure – économique, sociale ou politique – force le pays