Le ministère de l’Éducation nationale a confirmé cette semaine la mise en place de restrictions d’accès à Internet lors des épreuves du baccalauréat 2025. Cette mesure, appliquée pour la troisième année consécutive, vise à limiter la tricherie pendant les examens nationaux. Selon un communiqué officiel relayé par l’APS, les perturbations cibleront les réseaux mobiles et fixes dans un rayon de 500 mètres autour des centres d’examen.
Une réponse aux fraudes massives de 2023
Cette année, la mesure sera étendue à l’ensemble du territoire national. Les opérateurs télécoms algériens, dont Mobilis, Djezzy et Ooredoo, ont reçu des instructions pour couper les services 3G, 4G et l’accès aux réseaux sociaux entre 8h et 17h pendant les journées d’examen. Les connexions filaires seront également ralenties dans les zones concernées.
Des étudiants et enseignants divisés
Les parents d’élèves, interrogés devant le lycée Ibn Khaldoun à Alger, restent partagés. « C’est nécessaire pour garantir l’équité, mais cela complique la vie des familles qui veulent joindre leurs enfants en cas d’urgence », confie Fatima, mère d’un candidat. Les associations de parents d’élèves ont demandé au ministère d’autoriser des exceptions pour les appels d’urgence via les numéros des centres d’examen.
Un impact économique limité mais réel
Le secteur de l’e-commerce, en pleine croissance, s’inquiète aussi. « Les coupures d’Internet pendant les examens perturbent nos livraisons et nos services clients. Nous avons dû adapter nos horaires de travail », explique Yacine, responsable d’une plateforme de livraison à domicile basée à Blida.
Vers une solution technologique permanente ?
L’université des sciences et de la technologie Houari Boumediene (USTHB) a proposé un projet de recherche pour détecter les fraudes en temps réel via l’intelligence artificielle. « Nous pourrions analyser les mouvements des candidats et repérer les comportements suspects, comme regarder trop souvent son téléphone », explique le Pr. Nadia Benslimane, directrice du laboratoire d’informatique.
Un débat qui dépasse les frontières
En Algérie, le débat reste vif entre ceux qui voient dans ces coupures une nécessité pour préserver la valeur du diplôme et ceux qui y voient une atteinte aux libertés numériques. Pour l’instant, le ministère maintient sa position : « La priorité est de garantir l’équité entre tous les candidats, quel qu’en soit le prix », a déclaré Abdelhakim Belabed lors d’une conférence de presse récente.