Ooredoo Algérie a annoncé cette semaine l’extension de son réseau 5G à l’ensemble des 58 wilayas du pays. Selon un communiqué publié par dia-algerie.com, l’opérateur historique devient le premier à couvrir la totalité du territoire national avec cette technologie. Ce déploiement intervient après une phase de tests menée dans plusieurs grandes villes depuis 2024, incluant Alger, Oran et Constantine.
Les détails techniques du projet révèlent une infrastructure basée sur des fréquences dans les bandes 3,5 GHz et 26 GHz, conformément aux normes internationales. Ooredoo a installé plus de 3 000 stations de base 5G à travers le pays, avec une concentration particulière dans les zones industrielles et les pôles universitaires. Le directeur général d’Ooredoo Algérie, Yacine El Mahdi Oualid, a précisé que « ce réseau permettra des débits théoriques allant jusqu’à 1 Gbps, avec une latence réduite à moins de 10 millisecondes ».
Le déploiement s’accompagne d’une offre commerciale spécifique. Ooredoo propose depuis mars 2026 des forfaits 5G à partir de 2 500 dinars par mois, incluant 50 Go de données. L’opérateur a également lancé une gamme d’appareils compatibles, dont des smartphones et des routeurs mobiles. Selon les données de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques (ARPCE), plus de 120 000 abonnés ont déjà souscrit à ces offres en moins de trois mois.
Ce développement s’inscrit dans une stratégie nationale plus large. Le ministre des Postes et des Télécommunications, Karim Bibi Triki, avait annoncé en novembre 2025 que « la 5G représente un levier essentiel pour la transformation numérique de l’économie algérienne ». Plusieurs secteurs bénéficient déjà de cette technologie. À Sétif, le parc technologique de Maouakib utilise la 5G pour ses applications d’industrie 4.0. À Annaba, l’hôpital Ibn Rochd teste des solutions de télémédecine en ultra-haute définition.
Les défis techniques restent cependant importants. L’ARPCE a identifié des zones où la couverture reste limitée, notamment dans les régions montagneuses de Kabylie et des Aurès. Ooredoo travaille actuellement à l’installation de petites cellules pour améliorer la réception dans ces zones. Par ailleurs, la consommation énergétique des stations 5G pose question. L’opérateur affirme avoir équipé 60% de ses sites de solutions solaires hybrides pour réduire l’empreinte carbone.
La concurrence s’intensifie sur le marché. Mobilis et Djezzy préparent leurs propres déploiements 5G, avec des annonces attendues pour la fin de l’année 2026. Selon une étude récente de l’institut IHS Markit, l’Algérie pourrait compter plus de 5 millions d’abonnés 5G d’ici 2027, représentant environ 15% du marché mobile.
Les implications économiques sont multiples. Le secteur des télécommunications représente déjà 3,5% du PIB algérien, selon les chiffres du ministère des Finances. La 5G devrait stimuler de nouveaux services, comme les véhicules connectés ou les villes intelligentes. Plusieurs startups algériennes, comme Yassir et Temtem, explorent déjà des applications basées sur cette technologie.
La sécurité des réseaux reste une préoccupation majeure. L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a publié en mars 2026 un guide de bonnes pratiques pour les opérateurs 5G. Ce document insiste sur la nécessité de sécuriser les infrastructures contre les cyberattaques, notamment en chiffrant les communications et en segmentant les réseaux.
Le déploiement de la 5G en Algérie soulève également des questions sociétales. Certains experts, comme le professeur Mohamed Benmohamed de l’université de Constantine, mettent en garde contre les risques de fracture numérique. « Il ne suffit pas de couvrir tout le territoire, il faut aussi former les citoyens et adapter les services publics », a-t-il déclaré lors d’un colloque organisé par l’UNESCO en avril 2026.
Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de cette technologie. Ooredoo prévoit de lancer des pilotes dans plusieurs domaines, dont l’agriculture de précision et l’éducation à distance. Le gouvernement algérien, quant à lui, prépare un plan national pour l’économie numérique, qui devrait être dévoilé avant la fin de l’année 2026. Ce plan inclurait des incitations fiscales pour les entreprises développant des solutions 5G.