Le Sénat algérien a tenu, ce mercredi 30 octobre 2024 en après-midi, une séance publique consacrée à l’examen des réformes économiques en cours, dans un contexte marqué par des tensions sur les marchés des changes et une inflation persistante. Selon Direct Sénat, les débats ont mis en lumière les divergences entre les sénateurs sur les mesures à adopter pour stabiliser l’économie nationale, tout en soulignant les défis structurels auxquels fait face le pays.
Des mesures budgétaires sous le feu des critiques
Plusieurs sénateurs ont cependant exprimé leurs réserves. Le président de la commission des finances du Sénat, Abdelkader Bengrina, a pointé du doigt « l’absence de mesures concrètes pour relancer les investissements privés ». Il a cité en exemple le secteur du tourisme, où les projets restent bloqués par des lenteurs administratives, malgré les annonces gouvernementales. « Les incitations fiscales ne suffisent pas si les procédures restent aussi complexes », a-t-il déclaré, appelant à une simplification des démarches pour les entrepreneurs.
La question monétaire au cœur des débats
Le ministre des Finances a répondu en rappelant que la Banque d’Algérie intervenait « de manière ciblée » pour limiter les spéculations, mais sans donner de détails sur les mécanismes utilisés. Il a également souligné que la dépréciation du dinar reflétait « les déséquilibres structurels de l’économie », notamment la dépendance aux importations pour les biens de consommation. « Nous travaillons à réduire cette vulnérabilité en soutenant la production locale, mais cela prendra du temps », a-t-il ajouté.
L’agriculture et l’industrie, parents pauvres des réformes ?
Du côté de l’industrie, le sénateur Ali Benouari a critiqué le manque d’ambition du gouvernement pour relancer les filières locales. Il a cité le cas de l’industrie pharmaceutique, où les pénuries de médicaments persistent malgré les promesses de production nationale. « Les laboratoires algériens ont les capacités de produire 70 % des médicaments essentiels, mais ils manquent de matières premières et de soutien logistique », a-t-il affirmé. Benouari a appelé à une « stratégie claire » pour réduire les importations dans ce secteur, évoquant un coût annuel de plus de 2 milliards de dollars pour l’État.
Un appel à l’unité pour surmonter les défis
Les débats de ce 30 octobre 2024 ont ainsi révélé les attentes des sénateurs en matière de gouvernance économique. Si les mesures budgétaires proposées visent à stabiliser les finances publiques, leur succès dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à lever les blocages administratifs et à mobiliser les acteurs privés. Dans un contexte régional marqué par l’instabilité des prix de l’énergie, l’Algérie doit aussi accélérer sa diversification économique pour éviter une crise sociale plus profonde. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la mise en œuvre des engagements pris lors de cette séance.