Revue de presse : Tramway Algérie, Algérie Afrique subsaharienne, Importations Algérie…

**LA MOBILITÉ COMME MÉTAPHORE D’UNE SOCIÉTÉ EN TRANSITION**

La mobilité, ici, n’est pas qu’une question technique. Elle est géopolitique. Quand l’Algérie achète du blé tendre en masse ou envoie des entrepreneurs en Chine, elle joue une partition classique : sécuriser ses approvisionnements tout en diversifiant ses partenariats. Mais ces flux révèlent aussi une dépendance persistante – aux devises étrangères, aux marchés internationaux, aux technologies importées. Le tramway algérois, construit avec des rames chinoises, est un miroir de cette ambiguïté : une souveraineté affichée, mais une autonomie toujours en chantier.

**LE CORPS SOCIAL, ENTRE OBÉSITÉ ET PERFORMANCE SPORTIVE**

Cette schizophrénie sanitaire et sportive n’est pas anodine. Elle reflète une société tiraillée entre deux modèles : l’un, consumériste et sédentaire, importé avec les produits transformés et les modes de vie urbains ; l’autre, disciplinaire et compétitif, hérité des années Boumediene où le sport était un outil de cohésion nationale. Le ministère des Sports, en honorant ses engagements pour les Jeux Africains Scolaires 2025, joue sur les deux tableaux : il forme des champions tout en détournant l’attention des problèmes de santé publique.

Mais jusqu’à quand ? L’obésité infantile, qui progresse deux fois plus vite en Afrique subsaharienne qu’en Europe, est un marqueur de l’échec des politiques de développement. L’Algérie, qui se rêve en leader continental, ne peut ignorer que son modèle – entre dépendance alimentaire et culte de la performance – est intenable.

**LA CUISINE, TERRAIN DE GUERRE CULTURELLE ET ÉCONOMIQUE**

Mais cette effervescence culinaire cache une réalité plus âpre : l’Algérie importe l’essentiel de ses produits de base (blé, lait, huile), et sa cuisine, pourtant riche, reste prisonnière d’un système agroalimentaire défaillant. Le déplacement avorté de Gabriel Attal en Algérie, officiellement pour des « raisons logistiques », est en réalité un symptôme des tensions franco-algériennes. La gastronomie, ici, est un enjeu de soft power : Paris craint que l’Algérie ne devienne un hub culinaire africain, tandis qu’Alger utilise ses chefs comme ambassadeurs d’une culture qu’elle cherche à réhabiliter.

Le paradoxe ? L’Algérie exporte des talents (comme le chef Akrame Benallal, star à Paris) mais peine à valoriser ses propres ressources. La cuisine, comme le sport ou les infrastructures, est un miroir des contradictions du pays : une créativité foisonnante, mais une économie qui reste extravertie, dépendante des importations et des devises étrangères.

**L’ARMÉE, GARDIENNE D’UNE SOUVERAINETÉ À GÉOMÉTRIE VARIABLE**

Cette militarisation du discours public n’est pas neutre. Elle sert à masquer les failles du modèle économique algérien. Quand l’État achète du blé ou des voitures chinoises, c’est l’armée qui garantit la sécurité des approvisionnements. Quand le dinar se renforce, c’est grâce aux réserves de change, elles-mêmes alimentées par les hydrocarbures – un secteur sous contrôle des généraux. La cybersécurité, présentée comme une priorité, est en réalité un moyen de surveiller les flux d’informations, dans un pays où internet reste sous haute surveillance.

L’armée algérienne est donc à la fois un bouclier et un frein. Bouclier contre les ingérences étrangères (comme en témoignent les tensions avec la France sur les visas), mais frein à une véritable transition démocratique, puisqu’elle contrôle les leviers économiques et sécuritaires. La ratification par le Bénin de la Convention de Malabo sur la cybersécurité, si elle est saluée, rappelle que l’Algérie, elle, préfère garder la main sur ses propres réseaux – quitte à rester en retard sur les normes internationales.

**LA JUSTICE, MIROIR DES RELATIONS DE POUVOIR**

Cette asymétrie n’est pas fortuite. Elle révèle une justice à deux vitesses : implacable avec les opposants (comme le journaliste Khaled Drareni, condamné pour « atteinte à l’unité nationale »), mais complaisante avec les élites. Le procès en appel de Marine Le Pen, qualifié de « cour d’appel qui n’a pas droit à l’erreur », contraste avec l’impunité dont bénéficient les oligarques algériens, souvent protégés par leur proximité avec le pouvoir.

Pourtant, la justice algérienne n’est pas totalement verrouillée. Les mobilisations autour de la gastronomie ou de l’entrepreneuriat montrent que la société civile commence à exiger des comptes. Mais ces luttes restent locales, fragmentées. L’Algérie n’a pas encore trouvé son équivalent du « printemps arabe » judiciaire – et pour cause : l’armée, qui contrôle les rouages de l’État, n’a aucun intérêt à voir émerger une justice indépendante.

**LES RELATIONS FRANCO-ALGÉRIENNES : UNE GUERRE FROIDE CULTURELLE ET ÉCONOMIQUE**

Cette crise diplomatique a des répercussions bien au-delà des passeports. Elle touche à l’économie (le dinar algérien, qui se renforce, est un camouflet pour l’euro), à la culture (la gastronomie, comme on l’a vu, est un enjeu de soft power), et même au sport (le PSG handball, financé par des capitaux qataris, est un terrain de rivalité indirecte). Le « coup de frein » sur le square Port-Saïd avant l’Aïd n’est pas anodin : il montre que les flux financiers entre les deux pays sont désormais politisés.

Pourtant, cette tension est aussi une opportunité. L’Algérie, en se tournant vers la Chine pour les voitures ou vers l’Afrique subsaharienne pour les partenariats sanitaires, diversifie ses alliances. La France, de son côté, tente de conserver son influence en jouant la carte de la « coopération sécuritaire » (cyberdéfense, lutte antiterroriste). Mais cette stratégie a ses limites : l’Algérie n’a pas oublié les décennies de colonialisme, et sa jeunesse, connectée et mondialisée, regarde désormais vers Pékin ou Dubaï plutôt que vers Paris.

**SYNTHÈSE PROSPECTIVE : L’ALGÉRIE EN 2035, ENTRE RUPTURE ET CONTINUITÉ**

1. Le scénario « souveraineté autoritaire » : L’État renforce son contrôle sur l’économie (via les importations, les devises, les infrastructures) et sur la société (cybersécurité, sport, culture). L’armée consolide son rôle de garant de la stabilité, tandis que les partenariats avec la Chine et la Russie se multiplient. Ce scénario, le plus probable à court terme, permet une modernisation contrôlée, mais au prix d’un autoritarisme accru et d’une dépendance accrue aux hydrocarbures.

2. Le scénario « éclatement des contradictions » : Les tensions sociales (obésité, chômage des jeunes), économiques (dépendance aux importations) et politiques (répression des opposants) finissent par faire imploser le système. Ce scénario, moins probable mais pas impossible, verrait l’Algérie basculer dans une crise comparable à celle de 2019, mais

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