La Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption (HAPLC) a reçu récemment une nouvelle mission : identifier et poursuivre les cas d’enrichissement illicite en Algérie. Cette décision, officialisée par un décret présidentiel, marque une étape dans la lutte contre la corruption, un fléau qui pèse sur l’économie nationale depuis des décennies. Selon tsa-algerie.com, cette mesure s’inscrit dans le cadre des réformes engagées par le président Abdelmadjid Tebboune pour assainir les institutions et rétablir la confiance entre l’État et les citoyens.
Une autorité renforcée pour un combat de longue haleine
Cette initiative intervient dans un contexte où les scandales de corruption ont ébranlé plusieurs secteurs clés, notamment les marchés publics, les hydrocarbures et les douanes. En 2023, la Sonatrach avait été secouée par des affaires de détournements de fonds, impliquant des cadres supérieurs et des intermédiaires. Selon El Watan, ces affaires avaient coûté des centaines de millions de dinars à l’État, sans que les responsables ne soient toujours poursuivis.
Des outils juridiques encore perfectibles
Un autre défi réside dans la protection des lanceurs d’alerte. Bien que la loi de 2021 sur la protection des témoins et des victimes de corruption existe, son application reste limitée. Selon Liberté, plusieurs cas de représailles contre des fonctionnaires ayant dénoncé des irrégularités ont été signalés, décourageant d’autres à suivre leur exemple. La HAPLC devra donc garantir l’anonymat et la sécurité de ceux qui collaborent avec elle.
Un impact attendu sur l’économie et la confiance citoyenne
Pour les citoyens, cette mesure pourrait restaurer une partie de la confiance perdue dans les institutions. Une enquête menée en 2024 par l’Institut national des études stratégiques globales (INESG) révélait que 68 % des Algériens considéraient la corruption comme le principal obstacle au développement du pays. « Si la HAPLC parvient à faire condamner des responsables haut placés, cela enverra un signal fort », analyse un économiste algérien, qui souhaite rester anonyme.
Des précédents encourageants, mais des défis persistants
La HAPLC devra donc aller plus loin en ciblant les mécanismes systémiques qui permettent l’enrichissement illicite. Cela passe par une coopération accrue avec les banques pour tracer les flux financiers suspects, ainsi qu’avec les pays étrangers pour récupérer les avoirs détournés. Selon l’APS, des discussions sont en cours avec la Suisse et les Émirats arabes unis pour faciliter les restitutions.
Un test pour la justice algérienne
Un autre enjeu est la transparence. Les Algériens attendent des résultats concrets, et pas seulement des annonces. La HAPLC a promis de publier un rapport annuel sur ses activités, incluant le nombre de dossiers traités et les montants récupérés. Si ces engagements sont tenus, cela pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption.
En attendant, les premiers signes sont scrutés de près. Selon tsa-algerie.com, la HAPLC a déjà ouvert une dizaine d’enquêtes préliminaires sur des cas d’enrichissement suspect. Si ces dossiers aboutissent à des condamnations, l’Algérie pourrait enfin tourner une page sombre de son histoire récente.