Le ministre des Transports, Kamel Djellaoui, a reçu récemment le vice-président de la China International Development Cooperation Agency (CIDCA), Liu Jun, pour examiner les pistes de renforcement de la coopération bilatérale dans le secteur des infrastructures ferroviaires. Selon aps.dz, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts algériens pour moderniser son réseau ferré, un axe stratégique du plan de développement économique du pays.
Un partenariat ciblé sur les infrastructures critiques
Parmi les dossiers évoqués figurent la finalisation de la ligne à grande vitesse reliant Alger à Oran, dont les travaux avancent avec des retards liés à des contraintes techniques et administratives. Les deux parties ont également abordé le projet de desserte ferroviaire des zones industrielles, notamment dans le sud du pays, où l’absence d’infrastructures adaptées freine l’exploitation des ressources minières et énergétiques. La Chine, via des financements et des transferts de technologie, pourrait accélérer ces chantiers, comme elle l’a fait pour le métro d’Alger ou le tramway de Constantine.
Enjeux économiques et logistiques pour l’Algérie
La coopération avec la CIDCA s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats internationaux. Après des années de dépendance aux financements européens, l’Algérie se tourne vers l’Asie, et particulièrement la Chine, pour ses projets d’envergure. Pékin, qui finance déjà des infrastructures en Afrique via l’initiative « Belt and Road », voit dans l’Algérie un hub potentiel pour ses échanges avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Les discussions entre Djellaoui et Liu Jun ont aussi porté sur la formation des ingénieurs algériens et le transfert de compétences, un point souvent critiqué dans les précédents partenariats sino-algériens.
Défis techniques et financiers à surmonter
Un autre défi concerne l’intégration du réseau ferroviaire dans le système logistique global. L’Algérie dispose de ports sous-exploités, comme celui de Djen Djen, qui pourraient être reliés au rail pour créer des plateformes multimodales. La rencontre entre Djellaoui et Liu Jun a évoqué cette dimension, avec l’objectif de faire du transport ferroviaire un pilier de la compétitivité économique du pays. La Chine, qui a développé des corridors ferroviaires en Afrique de l’Est, pourrait partager son expertise en matière de gestion de flux et d’interconnexion avec les ports.
Vers une coopération élargie ?
Cette rencontre intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à relancer son économie après la crise des hydrocarbures. Le secteur des transports, avec un potentiel de création d’emplois et de valeur ajoutée, est identifié comme prioritaire dans le plan de relance économique 2025-2029. La coopération avec la Chine, si elle est bien encadrée, pourrait permettre à l’Algérie de rattraper son retard en matière d’infrastructures, tout en évitant les pièges de l’endettement excessif. Reste à voir si les engagements pris se traduiront par des réalisations concrètes dans les délais impartis.