L’Algérie vise l’autosuffisance alimentaire d’ici 2025

Le gouvernement algérien a engagé une série de mesures pour réduire la dépendance aux importations alimentaires, avec un objectif clair : atteindre l’autosuffisance dans plusieurs filières stratégiques d’ici 2025. Selon un rapport publié récemment par Team France Export, l’Algérie a enregistré des progrès significatifs dans les secteurs céréalier, laitier et maraîcher, tout en accélérant les investissements dans les infrastructures agricoles.

Des résultats concrets dans les céréales et le lait
Les chiffres officiels du ministère de l’Agriculture révèlent une hausse de la production céréalière, passée de 3,5 millions de tonnes en 2020 à près de 5 millions de tonnes en 2024. Cette progression s’explique par l’extension des surfaces cultivées, l’amélioration des variétés de semences et l’adoption de techniques d’irrigation plus efficaces. Dans le même temps, la production laitière a augmenté de 30 % depuis 2020, atteignant 4,2 milliards de litres par an, selon les données de l’Office national du lait (ONIL). Ces performances permettent à l’Algérie de couvrir désormais 80 % de ses besoins en lait, contre 60 % il y a cinq ans.

Investissements massifs dans les infrastructures
Pour soutenir cette dynamique, l’État a lancé plusieurs projets structurants. Le barrage de Koudiat Acerdoune, inauguré en 2023, alimente désormais 20 000 hectares de terres agricoles dans la wilaya de Médéa. Par ailleurs, le programme d’électrification rurale piloté par Sonelgaz a permis de raccorder 12 000 exploitations agricoles au réseau électrique en 2024, facilitant l’utilisation de pompes à eau et de systèmes de réfrigération. « Ces infrastructures sont essentielles pour moderniser notre agriculture et réduire les pertes post-récolte », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Abdelhafid Henni, lors d’une visite dans la wilaya de Sétif en juin dernier.

Exportations en hausse vers l’Afrique
L’amélioration de la production locale s’accompagne d’une diversification des débouchés commerciaux. D’après Algerie Eco, les exportations algériennes vers le continent africain ont atteint 2,7 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de 15 % par rapport à 2023. Les produits agricoles, notamment les dattes, les légumes et les produits transformés, représentent près de 30 % de ces échanges. « L’Algérie est en train de devenir un acteur clé dans la sécurité alimentaire africaine », a souligné le président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), Redha Hamiani, lors d’un forum économique à Alger en mars dernier.

Défis persistants
Malgré ces avancées, des obstacles subsistent. La dépendance aux importations de blé dur et de maïs reste élevée, avec des volumes dépassant les 5 millions de tonnes par an. Les professionnels du secteur pointent également les difficultés d’accès au crédit pour les petits agriculteurs et les retards dans la mise en œuvre de certains projets d’irrigation. « Il faut accélérer les réformes pour lever ces blocages et garantir une production stable », a insisté le président de la Fédération nationale des agriculteurs (FNA), Mohamed Alioui, dans une déclaration à El Watan.

Stratégie à long terme
Pour consolider ces résultats, le gouvernement mise sur le développement des zones agricoles sahariennes, où 500 000 hectares devraient être mis en valeur d’ici 2030. Le projet, baptisé « Sahara Vert », prévoit la construction de stations de dessalement d’eau de mer et l’utilisation de techniques agricoles adaptées aux conditions arides. « Ces terres ont un potentiel énorme, mais leur exploitation nécessite des investissements lourds en infrastructures », a expliqué un expert du ministère de l’Agriculture, sous couvert d’anonymat.

L’Algérie semble ainsi déterminée à transformer son secteur agricole en un levier de croissance économique, tout en réduisant sa facture d’importations. Si les objectifs sont ambitieux, les premiers résultats montrent que la voie de l’autosuffisance est en train de se concrétiser.

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