Le ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises a annoncé cette semaine la signature de neuf accords avec des entreprises algériennes dans le cadre de l’Algeria Startup Challenge 2025. Ces partenariats visent à lancer des projets d’innovation ouverte, selon un communiqué de la Radio algérienne relayé par l’Agence presse service (APS).
Les entreprises partenaires incluent des acteurs majeurs comme Sonelgaz, Algérie Télécom, et le groupe Condor. Chacun s’engage à financer et accompagner des startups locales sélectionnées pour développer des solutions technologiques adaptées à leurs besoins. Sonelgaz, par exemple, cherche à optimiser la gestion de son réseau électrique via des outils numériques, tandis qu’Algérie Télécom mise sur des applications pour améliorer la connectivité en zones rurales.
Le ministre Yacine Oualid a précisé que ces accords s’inscrivent dans la stratégie nationale de transformation digitale, lancée en 2020. « L’objectif est de créer un écosystème où les grandes entreprises et les startups collaborent pour résoudre des problèmes concrets », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Alger. Les projets retenus bénéficieront d’un financement initial de 5 à 10 millions de dinars chacun, ainsi que d’un mentorat technique et commercial.
Parmi les secteurs ciblés figurent l’intelligence artificielle, la fintech, et les énergies renouvelables. Le groupe Condor, spécialisé dans l’électronique, a déjà identifié trois startups pour travailler sur des solutions de domotique et de surveillance industrielle. « Nous voulons des innovations made in Algeria, pas des technologies importées », a souligné le PDG de Condor, Abderrahmane Benhamadi.
L’Algeria Startup Challenge 2025 a reçu plus de 300 candidatures depuis son lancement en septembre dernier. Un comité composé d’experts du ministère, de l’Agence nationale de promotion de la recherche (ANPR), et des entreprises partenaires a sélectionné 25 projets finalistes. Les lauréats seront annoncés en mars prochain lors du Salon international de l’innovation technologique à Oran.
Cette initiative s’ajoute à d’autres mesures récentes pour dynamiser le secteur tech algérien. En novembre 2024, le gouvernement a lancé un incubateur conjoint avec l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène (USTHB) et l’association Djazpora, visant à soutenir les entrepreneurs algériens de la diaspora. Selon le ministre Oualid, ces efforts ont déjà permis de créer 1 200 emplois dans le numérique depuis 2022.
Cependant, des défis persistent. Les startups algériennes peinent encore à accéder aux marchés internationaux en raison de barrières réglementaires et d’un manque de visibilité. « Nous travaillons sur des accords avec des plateformes comme Amazon Web Services et Microsoft Azure pour faciliter l’export de nos solutions », a indiqué le directeur général de l’ANPR, Abdelhafid Aourag.
Les neuf accords signés cette semaine marquent une étape concrète vers une économie plus innovante. Pour la première fois, des entreprises publiques et privées s’engagent à intégrer des solutions locales dans leurs opérations. Si cette dynamique se confirme, l’Algérie pourrait réduire sa dépendance aux technologies étrangères et positionner ses startups comme des acteurs régionaux.