Algérie lance production insuline injectable fin 2024

L’Algérie s’apprête à produire localement de l’insuline injectable d’ici la fin de l’année 2024, selon des annonces relayées par Réalités Magazine. Ce projet, porté par le groupe pharmaceutique public Saidal en partenariat avec des investisseurs étrangers, marque une étape clé dans la stratégie de souveraineté sanitaire du pays. Les autorités algériennes visent à réduire la dépendance aux importations, estimées à plusieurs dizaines de millions de dollars annuels pour ce médicament essentiel.

Une réponse à un besoin critique

Le groupe Saidal, leader national du secteur pharmaceutique, a été chargé de piloter ce projet. Une usine dédiée, située dans la zone industrielle de Rouïba (wilaya d’Alger), est en cours d’aménagement. Les premières lignes de production devraient être opérationnelles avant décembre 2024, avec une capacité initiale de 10 millions de flacons par an. À terme, cette capacité pourrait être doublée pour couvrir l’ensemble des besoins nationaux.

Partenariats et technologie

Le coût total de l’investissement est estimé à près de 50 millions de dollars, financé en partie par des fonds publics et des prêts bancaires. Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a souligné que ce projet s’inscrit dans le cadre du plan quinquennal 2020-2024, qui vise à renforcer l’autonomie du pays dans les secteurs stratégiques.

Impact économique et sanitaire

Sur le plan sanitaire, cette initiative devrait améliorer l’accès au traitement pour les diabétiques, notamment dans les régions éloignées des grands centres urbains. Les autorités prévoient également de distribuer gratuitement une partie de la production via les hôpitaux publics, comme c’est déjà le cas pour d’autres médicaments essentiels.

Défis logistiques et réglementaires

Par ailleurs, la formation du personnel local aux techniques de bioproduction représente un enjeu majeur. Des programmes de formation sont en cours, en collaboration avec des experts étrangers, pour garantir que les équipes algériennes maîtrisent l’ensemble du processus, de la fermentation des bactéries génétiquement modifiées à la purification du produit final.

Un projet parmi d’autres

D’autres acteurs privés, comme les laboratoires Biopharm et Pharmidal, investissent également dans des unités de production modernes. Ces efforts s’accompagnent d’une réforme du système de santé, avec la création de nouvelles centrales d’achat pour rationaliser les commandes publiques.

Réactions des professionnels de santé

De son côté, l’Association algérienne des diabétiques (AAD) a salué cette initiative, tout en appelant à une meilleure accessibilité financière du traitement. « L’insuline reste chère pour de nombreux patients, surtout ceux qui ne bénéficient pas d’une couverture sociale complète », explique son président, Kamel Bouzid. Il espère que la production locale permettra une baisse des prix à moyen terme.

Perspectives régionales

Si l’Algérie parvient à maîtriser la production d’insuline injectable, elle pourrait devenir un fournisseur pour les pays voisins, notamment en Afrique subsaharienne, où l’accès à ce traitement reste limité. Des discussions sont déjà en cours avec des partenaires africains pour exporter une partie de la production, une fois les besoins nationaux couverts.

Un test pour la souveraineté industrielle

Les prochains mois seront décisifs. Si les délais sont respectés et que la qualité est au rendez-vous, l’Algérie franchira une étape importante vers son autonomie sanitaire. Dans le cas contraire, les retards ou les problèmes techniques pourraient remettre en cause la crédibilité de cette stratégie. Une chose est sûre : les yeux des professionnels de santé et des patients sont désormais tournés vers Rouïba, où se joue une partie de l’avenir de la médecine algérienne.

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