Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réagi ce week-end aux déclarations du roi du Maroc Mohammed VI, qui avait appelé à un « retour à la normale » entre les deux pays lors d’un discours officiel en août 2024. Dans une intervention relayée par l’Agence Presse Service (APS), Tebboune a conditionné toute reprise des relations à des « gestes concrets » de Rabat, sans préciser leur nature. Cette réponse intervient après des années de tensions diplomatiques, marquées par la rupture des relations en 2021 et la fermeture des frontières terrestres depuis 1994.
Une main tendue sous conditions
Le président algérien a également évoqué la question des frontières, fermées depuis l’attentat de Marrakech en 1994, attribué à des groupes islamistes. « La réouverture des frontières ne peut être unilatérale. Elle doit s’inscrire dans un cadre global de confiance mutuelle », a-t-il déclaré. Cette position contraste avec les appels répétés du Maroc à une normalisation rapide, présentés comme une opportunité économique pour les deux pays.
Les enjeux économiques en suspens
Cependant, les tensions géopolitiques freinent toute avancée. L’Algérie accuse le Maroc de mener une « campagne de désinformation » à son encontre, notamment via des médias proches du palais royal. De son côté, Rabat reproche à Alger son soutien au Polisario et son rapprochement avec l’Iran, un partenaire stratégique pour Téhéran dans la région. « La méfiance est encore trop forte pour envisager une normalisation sans garanties », analyse un expert en relations internationales cité par TSA.
La réaction marocaine en demi-teinte
Pourtant, les gestes concrets demandés par Alger tardent à venir. Le Maroc n’a pas réagi officiellement à la demande algérienne de clarifier sa position sur le Sahara occidental, ni à l’exigence de cesser les « attaques médiatiques » contre l’Algérie. « Le roi Mohammed VI a fait un pas symbolique, mais les lignes rouges algériennes restent les mêmes », note un diplomate européen basé à Alger, cité par Jeune Afrique.
La Tunisie en observateur attentif
Kasraoui souligne que la Tunisie pourrait jouer un rôle de médiateur, mais seulement si les deux parties le demandent. Pour l’instant, Tunis se contente d’encourager les échanges économiques bilatéraux, comme en témoigne la signature récente d’accords commerciaux avec l’Algérie et le Maroc.
Les prochaines étapes
En attendant, les populations frontalières continuent de subir les conséquences de cette fermeture. Dans les villes algériennes d’Oujda et Maghnia, les commerçants déplorent des pertes estimées à plusieurs millions de dinars par an. « Nous espérons une solution, mais nous savons que cela prendra du temps », confie un épicier de Maghnia à El Khabar.