La résolution 2797 des Nations unies, adoptée récemment, marque un tournant dans le dossier du Sahara occidental et place l’Algérie dans une position diplomatique délicate. Selon Atalayar, ce texte a non seulement réaffirmé le soutien de la communauté internationale au plan d’autonomie marocain, mais a également déclenché une vague d’investissements étrangers dans les provinces du Sud marocain. Une dynamique qui contraste avec l’isolement croissant d’Alger sur ce dossier.
Une résolution aux implications immédiates
La résolution 2797, votée par le Conseil de sécurité, a été saluée par Rabat comme une victoire diplomatique. Elle réitère l’appel à une solution politique « réaliste, pragmatique et durable » sous l’égide des Nations unies, tout en soulignant l’importance du plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007. Selon Atalayar, ce texte a été perçu comme un désaveu des thèses algériennes, qui soutiennent le Front Polisario et son projet d’indépendance.
Les conséquences ont été rapides. Plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis et l’Espagne, ont annoncé des investissements massifs dans les infrastructures des provinces sahariennes sous contrôle marocain. Les Émirats, par exemple, ont lancé un projet de ville intelligente à Dakhla, tandis que Madrid a confirmé son intention de renforcer sa coopération économique avec Rabat dans cette région.
L’Algérie en retrait diplomatique
Cette résolution intervient dans un contexte où l’Algérie peine à mobiliser des soutiens internationaux en faveur du Polisario. Selon des analystes cités par TSA, la diplomatie algérienne a subi plusieurs revers ces derniers mois, notamment après le rapprochement entre l’Égypte et l’Algérie, qui a irrité le Maroc. Le Caire a récemment réaffirmé son soutien à une solution négociée sous l’égide de l’ONU, sans mentionner explicitement le Polisario.
Par ailleurs, la coopération militaire entre le Maroc et les Émirats arabes unis, qualifiée d’ »offensive géopolitique » par Le7tv.ma, a renforcé les craintes d’Alger. Les deux pays ont signé des accords de défense en 2025, incluant des exercices militaires conjoints et des transferts de technologie. Ces développements s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à contrer l’influence algérienne dans la région, notamment en Libye et au Sahel.
Réactions algériennes et perspectives
Face à cette situation, les autorités algériennes ont réagi avec prudence. Le ministère des Affaires étrangères a publié un communiqué réaffirmant son soutien au « droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », tout en appelant à une solution « juste et équitable » sous l’égide de l’ONU. Cependant, cette position semble de moins en moins partagée par les partenaires traditionnels de l’Algérie.
Sur le plan interne, la presse algérienne a adopté un ton plus combatif. Algerie Patriotique a dénoncé une « campagne internationale orchestrée » contre l’Algérie, tandis que des voix au sein du gouvernement appellent à une révision de la stratégie diplomatique. Certains experts suggèrent un rapprochement avec des pays comme la Russie ou la Chine pour contrebalancer l’influence occidentale et marocaine.
Un dossier économique en jeu
Au-delà des enjeux politiques, la résolution 2797 a des implications économiques majeures. Le Maroc mise sur le développement des provinces du Sud pour attirer des investissements étrangers, notamment dans les énergies renouvelables et les infrastructures portuaires. Dakhla, par exemple, est devenue un hub pour les entreprises espagnoles et émiraties, avec des projets estimés à plusieurs milliards de dollars.
L’Algérie, de son côté, tente de rivaliser en misant sur son partenariat avec la Chine dans le secteur des batteries électriques. Selon Jeune Afrique, les deux pays ont signé des accords pour la construction d’une usine de production de batteries lithium-ion, un projet stratégique pour l’Algérie. Cependant, cette bataille économique reste déséquilibrée, le Maroc bénéficiant d’un accès privilégié aux marchés européens et africains.
Vers une nouvelle phase de tensions ?
La résolution 2797 pourrait marquer le début d’une nouvelle phase de tensions entre Alger et Rabat. Le Maroc, fort de ses succès diplomatiques, pourrait durcir sa position, tandis que l’Algérie pourrait chercher à mobiliser ses alliés historiques pour contrer cette dynamique. Les prochains mois seront cruciaux, notamment avec la tenue prévue d’un nouveau round de négociations sous l’égide de l’ONU.
Pour l’Algérie, le défi sera de maintenir une position cohérente tout en évitant un isolement diplomatique. Les choix stratégiques d’Alger, notamment en matière de partenariats internationaux, seront déterminants pour l’avenir du dossier sahraoui.