Hakim Chalabi compare médecine sportive Qatar-Algérie

Hakim Chalabi, figure reconnue de la médecine du sport en Algérie, a récemment partagé son expérience au Qatar lors d’un entretien avec 20 Minutes. Ses observations mettent en lumière des écarts significatifs entre les deux pays en matière d’infrastructures et d’approche médicale dédiée aux athlètes. Selon le quotidien, le Qatar se distingue par un investissement sans précédent dans ce domaine, une dynamique qui interroge sur les priorités algériennes.

Un modèle qatari axé sur l’excellence

Chalabi précise que cette politique s’accompagne d’une formation continue des professionnels de santé, avec des partenariats internationaux et des programmes de recherche appliquée. Les athlètes qataris bénéficient ainsi d’un encadrement médical comparable à celui des pays occidentaux, avec des protocoles adaptés à chaque discipline. Une approche qui contraste avec les réalités algériennes, où les moyens restent souvent limités.

L’Algérie face à ses lacunes structurelles

Le cas des footballeurs est emblématique : plusieurs joueurs de l’équipe nationale ont dû subir des opérations à l’étranger ces dernières années, faute de structures adaptées en Algérie. Les clubs locaux, même ceux évoluant en première division, dépendent souvent de médecins généralistes pour gérer les blessures, sans accès systématique à des spécialistes en traumatologie sportive. Cette situation expose les athlètes à des risques de récidives ou de séquelles à long terme.

Des pistes pour rattraper le retard

La formation des professionnels est un autre axe prioritaire. L’Algérie pourrait s’inspirer du modèle qatari en développant des partenariats avec des universités ou des hôpitaux étrangers pour former des médecins et kinésithérapeutes spécialisés. Des échanges avec des pays comme la France, la Suisse ou le Qatar permettraient de transférer des compétences et des protocoles adaptés. Par ailleurs, l’intégration de la médecine du sport dans les cursus universitaires algériens, encore marginale, gagnerait à être renforcée.

Enfin, une approche globale impliquant les fédérations sportives, les ministères de la Santé et de la Jeunesse et des Sports, ainsi que les clubs, est indispensable. La création d’un réseau national de centres régionaux, comme le préconisent certains experts, permettrait de décentraliser l’accès aux soins. Une telle initiative nécessiterait un financement durable, via des fonds publics ou des partenariats avec le secteur privé.

Un enjeu au-delà du sport

Par ailleurs, une médecine du sport performante pourrait renforcer la compétitivité des athlètes algériens sur la scène internationale. Les Jeux olympiques de Paris 2024 ou les compétitions continentales offrent des opportunités pour briller, à condition de disposer d’un encadrement médical à la hauteur. Les récents succès des judokas ou des athlètes d’athlétisme algériens montrent que le potentiel existe, mais qu’il doit être soutenu par des moyens adaptés.

Une réflexion à engager

La comparaison avec le Qatar ne doit pas se limiter à un constat d’écart, mais servir de catalyseur pour une réflexion nationale. Comment financer ces infrastructures ? Quels partenariats internationaux privilégier ? Comment impliquer les acteurs locaux, des clubs aux collectivités ? Autant de questions qui méritent des réponses urgentes, pour que l’Algérie ne rate pas le coche d’une médecine du sport moderne et accessible.

Laisser un commentaire