CNAPESTE sous pression judiciaire en Algérie

Le syndicat autonome du secteur éducatif CNAPESTE (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) fait face à une campagne de harcèlement judiciaire et administratif depuis plusieurs mois. L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a publié un rapport détaillé en mai 2026 dénonçant ces pratiques, qui visent à entraver l’action syndicale dans un contexte de tensions sociales récurrentes.

Des poursuites ciblées contre les responsables syndicaux

Le rapport de l’OMCT souligne également des pressions indirectes, comme le blocage des comptes bancaires du syndicat ou le refus de délivrer des autorisations pour des rassemblements pacifiques. « Ces méthodes rappellent celles employées contre d’autres syndicats autonomes dans le passé, comme le SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique) », explique un juriste algérien interrogé sous couvert d’anonymat.

Un contexte de crispation sociale

En 2025, le syndicat avait organisé une série de sit-in devant le ministère de l’Éducation nationale pour protester contre le gel des avancements et l’absence de dialogue social. Ces actions avaient été réprimées par les forces de l’ordre, avec plusieurs interpellations. « Le gouvernement préfère criminaliser la protestation plutôt que d’engager un vrai débat sur les réformes », déplore un enseignant membre du CNAPESTE, joint par téléphone.

Réactions internationales et locales

Du côté des autorités, aucune réponse officielle n’a été donnée aux accusations de harcèlement. Le ministère de l’Intérieur, contacté par plusieurs médias, n’a pas souhaité commenter. En revanche, des sources proches du pouvoir estiment que le CNAPESTE « dépasse les limites de l’action syndicale » en s’attaquant à des « questions politiques ».

Un syndicat résilient malgré les pressions

Le syndicat bénéficie du soutien d’autres organisations de la société civile, comme la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) ou le Rassemblement actions jeunesse (RAJ). Ces groupes dénoncent une « stratégie de répression systématique » contre les voix dissidentes, qui s’étend au-delà du secteur éducatif.

Un enjeu pour la liberté syndicale

Pour les observateurs, la répression contre le CNAPESTE s’inscrit dans une logique plus large de contrôle de l’espace public. « Le pouvoir craint toute forme d’organisation indépendante, qu’elle soit syndicale, associative ou politique », analyse un chercheur en sciences sociales à l’université d’Alger. « La société civile algérienne reste sous surveillance, malgré les promesses de réformes. »

Prochaines étapes

De son côté, le CNAPESTE a annoncé une nouvelle série de mobilisations pour la rentrée scolaire 2026, avec des revendications élargies à la santé des enseignants et à la protection contre les violences en milieu scolaire. « Nous ne lâcherons rien », martèle un communiqué du syndicat publié récemment. « Notre combat est celui de tous les travailleurs algériens. »

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