Sanaa forme 10 000 jeunes Algériens aux métiers du numérique

Le programme Sanaa, lancé par le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels en collaboration avec des partenaires publics et privés, a franchi une étape significative cette semaine. Selon Ibtissem Abdellaoui, directrice générale de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ), interrogée sur les ondes de la Radio algérienne, plus de 10 000 jeunes ont déjà bénéficié de formations dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) depuis son déploiement en 2023. Un chiffre qui illustre l’ambition du gouvernement de réduire le chômage des diplômés en les orientant vers des secteurs porteurs.

Des formations ciblées pour répondre aux besoins du marché

Les formations sont gratuites pour les bénéficiaires, financées à 70 % par l’État et à 30 % par des entreprises privées dans le cadre de leur responsabilité sociale. « Un jeune formé en développement full-stack peut prétendre à un salaire mensuel de 120 000 à 150 000 dinars dès son embauche, contre 30 000 à 40 000 dinars pour un emploi non qualifié », a précisé la responsable de l’ANSEJ. Cette approche vise à combler le déficit de compétences dans le numérique, estimé à 50 000 postes vacants par an selon une étude du cabinet McKinsey publiée en 2023.

Un taux d’insertion de 65 % dans les six mois

Cependant, des défis persistent. Le programme peine à attirer les jeunes femmes, qui ne représentent que 28 % des bénéficiaires. « Nous menons des campagnes de sensibilisation dans les lycées et les universités pour casser les stéréotypes sur les métiers du numérique », a reconnu la directrice de l’ANSEJ. Par ailleurs, certaines wilayas, notamment dans le Sud, accusent un retard dans le déploiement des centres de formation en raison de contraintes logistiques.

Une réponse à la fuite des cerveaux

Pour y remédier, le ministère de l’Économie numérique a annoncé en avril 2024 un fonds de 5 milliards de dinars pour soutenir les start-up technologiques. « Ce fonds permettra de financer des projets innovants portés par des jeunes formés via Sanaa, avec un accent sur les solutions locales comme les fintechs ou l’agritech », a déclaré le ministre Yacine Oualid lors d’une conférence de presse. Des incubateurs comme 1000 Startups à Alger et Silicon Waha à Sidi Abdallah accompagnent déjà ces porteurs de projets.

Prochaine étape : étendre le programme aux métiers verts

Les inscriptions pour la prochaine session de Sanaa, qui débutera en septembre 2024, sont ouvertes sur le site officiel du programme. Les candidats doivent être âgés de 18 à 35 ans, titulaires au minimum d’un baccalauréat, et passer un test d’aptitude en ligne. « Nous privilégions les profils motivés, même sans expérience préalable. L’objectif est de donner une chance à ceux qui n’ont pas accès aux grandes écoles », a insisté la directrice de l’ANSEJ. Pour les wilayas éloignées, des formations en ligne seront proposées, avec des sessions en présentiel lors de stages intensifs.

Alors que le taux de chômage des jeunes en Algérie reste élevé (21,5 % chez les 15-24 ans selon l’ONS), des initiatives comme Sanaa montrent que des solutions existent. Reste à savoir si ces efforts suffiront à inverser la tendance, dans un contexte où l’économie informelle absorbe encore 45 % de la main-d’œuvre selon la Banque mondiale.

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