Selon Classe Export, l’Algérie compte trois femmes d’affaires parmi les personnalités les plus influentes de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en 2025. Cette reconnaissance met en lumière le rôle croissant des entrepreneures algériennes dans des secteurs stratégiques, malgré des défis structurels persistants.
Des profils diversifiés dans des secteurs clés
Une autre nommées, Samia Khelifi, dirige la société Logiport, un acteur majeur dans la logistique portuaire. Son entreprise, basée à Alger, a modernisé les infrastructures du port de Béjaïa, réduisant les délais de dédouanement de 30 % depuis 2023. Logiport a également obtenu un contrat pour gérer une partie des opérations du port de Djen Djen, renforçant ainsi la connectivité commerciale de l’Algérie avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
Enfin, Leila Haddad, fondatrice de SolarTech, se distingue dans le domaine des énergies renouvelables. Son entreprise, créée en 2018, a installé plus de 50 mégawatts de capacité solaire en Algérie, principalement dans les zones rurales. SolarTech a récemment remporté un appel d’offres pour équiper 200 écoles en panneaux solaires, un projet soutenu par le ministère de l’Énergie et des Mines.
Un écosystème entrepreneurial en mutation
Les entrepreneures algériennes bénéficient également d’un réseau de soutien croissant. L’Association des femmes chefs d’entreprise (AFCE) a lancé en 2024 un programme de mentorat pour les dirigeantes, avec des partenariats avec des institutions comme la Banque d’Algérie et la Chambre de commerce. Ces initiatives visent à renforcer la visibilité des femmes dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes, comme l’industrie et les infrastructures.
Des retombées économiques et sociales
Leur succès contribue également à changer les perceptions sur le rôle des femmes dans l’économie. Selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2024, seulement 22 % des entreprises algériennes sont dirigées par des femmes, un chiffre inférieur à la moyenne régionale. La reconnaissance de Boukhatem, Khelifi et Haddad pourrait inciter davantage de femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat, notamment dans des secteurs innovants.
Des défis à relever
Un autre enjeu est la conciliation entre vie professionnelle et personnelle. Les femmes entrepreneures doivent souvent assumer des responsabilités familiales, ce qui limite leur disponibilité pour développer leurs activités. Des solutions, comme les crèches en entreprise ou le télétravail, restent marginales en Algérie.
Une dynamique à consolider
Les secteurs où ces femmes évoluent – santé, logistique, énergies renouvelables – sont stratégiques pour l’Algérie. Leur succès pourrait servir de levier pour attirer davantage d’investissements étrangers et stimuler l’innovation. Par exemple, SolarTech envisage de s’étendre au Maroc et en Tunisie, tandis que Logiport étudie des partenariats avec des entreprises européennes pour développer des hubs logistiques en Méditerranée.
En conclusion, la reconnaissance de Fatima-Zohra Boukhatem, Samia Khelifi et Leila Haddad par Classe Export est une étape importante, mais elle doit s’accompagner de réformes structurelles pour pérenniser cette dynamique. Leur parcours montre que les femmes algériennes peuvent jouer un rôle clé dans la diversification de l’économie, à condition que les obstacles systémiques soient levés.