Algérie et Maroc s’affrontent sur la mémoire des expulsés de 1975

Le Centre international pour la mémoire et l’éducation sur l’Afrique (CIMEA) a accusé l’Algérie de « mémoire sélective et de déni » concernant l’expulsion de Marocains en 1975. Cette déclaration, relayée par Hespress Français en avril 2026, relance un dossier sensible entre les deux pays, marqué par des tensions historiques et des contentieux non résolus.

Un rappel des faits contestés

Une réponse algérienne attendue

Un enjeu mémoriel et politique

Du côté algérien, des historiens comme Daho Djerbal soulignent que les relations entre l’Algérie et le Maroc ont toujours été marquées par des périodes de coopération et de rivalité. Dans un entretien accordé à El Watan en 2025, Djerbal a rappelé que les expulsions de 1975 s’inscrivaient dans un contexte régional complexe, marqué par la décolonisation et les tensions post-indépendance. Il a appelé à une approche nuancée, évitant les simplifications qui pourraient envenimer les relations.

Les réactions de la société civile

Du côté marocain, des collectifs d’expulsés et leurs descendants continuent de réclamer des excuses officielles de l’Algérie. En 2025, une pétition lancée sur les réseaux sociaux avait recueilli plus de 50 000 signatures, demandant à l’État marocain d’inscrire cette question à l’agenda diplomatique. Le roi Mohammed VI avait alors évoqué, dans un discours, la nécessité de « réconcilier les mémoires » sans pour autant citer directement l’Algérie.

Un dossier qui s’ajoute aux tensions actuelles

Pour l’analyste politique Rachid Tlemçani, interrogé par TSA, cette nouvelle polémique sur les expulsions de 1975 pourrait servir de prétexte à une escalade verbale entre les deux pays. « Les questions mémorielles sont souvent utilisées pour mobiliser les opinions publiques, surtout en période de crise », a-t-il déclaré. Il a cependant souligné que ces tensions ne devraient pas déboucher sur un conflit ouvert, les deux pays ayant trop à perdre sur le plan économique et sécuritaire.

Une Europe divisée face à la rivalité algéro-marocaine

L’Espagne, en particulier, a été confrontée à une crise diplomatique avec l’Algérie en 2022 après son soutien à la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental. Depuis, Madrid tente de rétablir des relations stables avec Alger, tout en maintenant ses liens avec Rabat. Cette situation illustre la difficulté pour les capitales européennes de naviguer entre les deux puissances maghrébines.

Vers une possible médiation ?

Pour l’instant, aucune initiative concrète n’a été lancée pour aborder spécifiquement la question des expulsions de 1975. Les deux pays semblent privilégier une approche prudente, évitant de rouvrir des dossiers sensibles qui pourraient envenimer davantage leurs relations. Pourtant, tant que ces contentieux mémoriels ne seront pas abordés, ils continueront de peser sur la stabilité régionale.

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