Diaspora algérienne cible prioritaire des investissements en Algérie

En 2025, le gouvernement algérien a renforcé ses efforts pour attirer les capitaux de la diaspora, estimée à plus de six millions de personnes selon les données du ministère des Affaires étrangères. Une série de mesures récentes, dont un guide pratique publié par TSA Algérie en juin 2024, révèle une volonté claire de faciliter les investissements des Algériens résidant à l’étranger. Ces initiatives interviennent dans un contexte économique marqué par la diversification des sources de financement et la recherche de devises étrangères.

Un cadre réglementaire simplifié

Les secteurs prioritaires identifiés incluent l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, et les technologies de l’information. Le président Abdelmadjid Tebboune a souligné, lors d’une réunion avec des représentants de la diaspora en mars 2025, que ces investissements devaient contribuer à la création d’emplois locaux. « L’Algérie a besoin de compétences et de capitaux pour accélérer sa transition économique », avait-il déclaré, citant l’exemple des start-ups technologiques créées par des Algériens de France et du Canada.

Des transferts de fonds en hausse

Cependant, des défis persistent. Une étude publiée en novembre 2025 par Boulevard Voltaire révèle que la France, principale destination des Algériens de l’étranger, enregistre des transferts annuels estimés à 16 milliards d’euros vers d’autres pays, dont une partie significative vers l’Algérie. « Ces fonds pourraient être mieux canalisés si les garanties juridiques et les rendements étaient plus attractifs », note un économiste algérien basé à Paris, interrogé par le quotidien El Watan.

Des projets concrets sur le terrain

À Alger, une pépinière d’entreprises dédiée aux start-ups de la diaspora a été lancée en partenariat avec l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI). « Nous accompagnons les porteurs de projets depuis l’idée jusqu’à la commercialisation, avec un accès facilité aux marchés publics », précise un responsable de l’ANDI. Parmi les projets soutenus figurent une plateforme de télémédecine développée par des Algériens du Canada et une application de livraison de produits locaux, conçue par une équipe basée en France.

Les obstacles à surmonter

Par ailleurs, les tensions diplomatiques avec certains pays, comme le Maroc, compliquent les déplacements des investisseurs. « Beaucoup de membres de la diaspora hésitent à venir en Algérie par crainte de difficultés aux frontières », souligne un avocat spécialisé dans les investissements étrangers, basé à Lyon.

Une stratégie à long terme

Les prochaines étapes incluent la création d’un fonds d’investissement dédié, alimenté par des contributions de la diaspora, et l’extension des exonérations fiscales aux projets innovants. « L’objectif est de faire de la diaspora un levier de développement, et non plus seulement une source de transferts de fonds », résume un économiste de l’Université d’Alger.

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