L’Algérie a récemment adopté une approche intégrée pour renforcer sa sécurité alimentaire et hydrique, selon un rapport publié par El Moudjahid. Cette stratégie, présentée comme une réponse aux défis climatiques et économiques, mise sur l’innovation technologique, la diversification des ressources et une gestion optimisée des infrastructures. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la sécheresse récurrente et la dépendance aux importations pour certains produits de base.
Une feuille de route multisectorielle
Selon El Moudjahid, cette stratégie s’appuie également sur la modernisation des chaînes de valeur agroalimentaires. Des projets pilotes, comme l’utilisation de drones pour le suivi des cultures ou l’introduction de capteurs intelligents dans les exploitations, sont en cours d’expérimentation. Ces technologies permettent une gestion plus précise des ressources en eau et en engrais, tout en limitant les pertes post-récolte.
L’eau, enjeu central de la souveraineté alimentaire
Le plan national inclut aussi la réhabilitation des réseaux de distribution pour limiter les pertes, estimées à près de 30 % selon les données officielles. Des partenariats avec des entreprises spécialisées, comme la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL), ont été renforcés pour améliorer l’efficacité des systèmes d’irrigation. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation sont menées auprès des agriculteurs pour promouvoir des techniques d’irrigation économes, telles que le goutte-à-goutte.
Réduire la dépendance aux importations
Un autre volet de la stratégie concerne la transformation des produits agricoles. Le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, a annoncé la création de zones industrielles dédiées à l’agroalimentaire, notamment dans les wilayas du Sud, où les conditions climatiques permettent des cultures toute l’année. Ces zones bénéficieront d’infrastructures modernes et d’un accès privilégié aux marchés locaux et internationaux.
Innovations technologiques et coopération internationale
Les institutions locales jouent également un rôle clé. L’Agence spatiale algérienne (ASAL) fournit des données satellitaires pour le suivi des terres agricoles et la prévision des récoltes. Ces outils permettent aux décideurs d’anticiper les pénuries et d’ajuster les politiques en conséquence. De son côté, le Centre national des technologies de production plus propre (CNTPP) travaille sur des solutions pour réduire l’impact environnemental de l’agriculture, comme la valorisation des déchets organiques en engrais.
Défis et limites
La réussite de cette stratégie dépendra aussi de la capacité du pays à mobiliser des financements durables. Les investissements requis pour les infrastructures hydrauliques et les technologies agricoles sont colossaux, et leur rentabilité n’est pas toujours immédiate. Le gouvernement devra donc trouver un équilibre entre les subventions publiques et l’attraction des capitaux privés.
Un modèle pour la région ?
Si cette stratégie porte ses fruits, elle pourrait servir d’exemple pour d’autres nations confrontées aux mêmes enjeux. Mais pour l’heure, l’Algérie reste prudente. Comme le rappelle El Moudjahid, « la sécurité alimentaire ne se décrète pas, elle se construit pas à pas ». Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l’efficacité de ces mesures et leur impact sur la souveraineté du pays.