Tunisie et Libye lancent un corridor énergétique méditerranéen

Un nouveau projet de corridor énergétique méditerranéen prend forme, plaçant la Tunisie et la Libye en position centrale, selon African Manager. Annoncé récemment, ce projet vise à interconnecter les réseaux électriques des deux pays avec ceux de l’Europe, en s’appuyant sur des sources d’énergie renouvelable, notamment solaire. Si l’Algérie n’est pas directement citée dans cette initiative, son positionnement stratégique et ses ambitions dans le solaire en font un acteur incontournable des dynamiques régionales.

Un axe tuniso-libyen tourné vers l’Europe

Les deux pays misent sur leurs potentiels solaires exceptionnels, avec des taux d’ensoleillement parmi les plus élevés au monde. Selon les estimations citées par la source, la Tunisie pourrait produire jusqu’à 4,5 GW d’énergie solaire d’ici 2030, tandis que la Libye, malgré ses défis sécuritaires, dispose d’un potentiel encore largement inexploité. Le projet s’inscrit dans le cadre des accords de coopération énergétique signés entre les deux rives de la Méditerranée, notamment avec l’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

L’Algérie, un acteur indirect mais stratégique

Cependant, l’Algérie pourrait se retrouver en concurrence avec ses voisins pour l’accès aux financements européens et aux marchés d’exportation. Le corridor tuniso-libyen, s’il se concrétise, pourrait capter une partie des investissements dédiés aux énergies renouvelables en Afrique du Nord. Pour éviter une marginalisation, Alger devra accélérer ses propres projets d’interconnexion, comme le câble sous-marin Elmed, prévu pour relier l’Algérie à l’Italie d’ici 2027.

Des défis techniques et politiques

Sur le plan politique, la coopération entre la Tunisie et la Libye reste fragile. Les tensions récurrentes entre les deux pays, notamment sur la question des frontières et des migrations, pourraient ralentir la mise en œuvre du projet. De plus, la dépendance de l’Europe vis-à-vis des énergies fossiles algériennes pourrait freiner son engagement dans des projets solaires concurrents.

Une opportunité pour l’intégration régionale

Les experts cités par African Manager soulignent que ce projet pourrait aussi favoriser la création d’un marché régional de l’électricité, où les pays nord-africains échangeraient des surplus d’énergie en fonction de leurs besoins. Pour l’Algérie, cela signifierait une diversification de ses partenariats et une réduction de sa dépendance aux exportations de gaz.

Le solaire, un levier de développement pour l’Algérie

Le gouvernement algérien a récemment annoncé une accélération de sa stratégie renouvelable, avec un objectif de 22 GW d’ici 2030, dont 13 GW de solaire. Pour y parvenir, il devra attirer des investisseurs étrangers et moderniser son réseau électrique, souvent critiqué pour son manque d’efficacité. Le corridor tuniso-libyen pourrait servir de modèle pour l’Algérie, en montrant l’importance des partenariats régionaux et des infrastructures transfrontalières.

Conclusion implicite

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