Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a récemment multiplié les déplacements en Afrique subsaharienne, marquant un tournant dans la politique étrangère du pays après des années de focalisation sur les crises régionales. Selon Jeune Afrique, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie de réaffirmation de l’influence algérienne sur le continent, avec un accent particulier sur les questions de sécurité et de coopération économique.
Une présence renouvelée sur le continent
Cette reprise des relations avec les pays africains contraste avec la période précédente, où l’Algérie avait réduit ses interactions diplomatiques en raison des tensions internes et des crises sécuritaires aux frontières. Selon des analystes cités par Jeune Afrique, ce retour s’explique par la volonté de l’Algérie de diversifier ses alliances et de ne plus dépendre exclusivement de ses partenaires traditionnels comme l’Union européenne ou la Chine.
Sécurité et stabilité au cœur des priorités
Cette position s’accompagne d’un renforcement de la coopération militaire. L’Algérie a livré des équipements et formé des officiers maliens et nigériens, tout en participant à des exercices conjoints avec des pays comme le Tchad et la Mauritanie. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la doctrine algérienne de « défense proactive », qui privilégie la prévention des conflits plutôt que les interventions directes.
Économie et soft power
Cette offensive économique s’appuie sur des financements publics et des prêts concessionnels. En 2025, l’Algérie a accordé une ligne de crédit de 200 millions de dollars à la RDC pour la construction d’un barrage hydroélectrique, un projet présenté comme un modèle de coopération Sud-Sud. Ces investissements visent à positionner l’Algérie comme un partenaire crédible face à la concurrence des puissances émergentes comme la Turquie ou les Émirats arabes unis, très actifs sur le continent.
Défis et limites
Par ailleurs, la dépendance de l’Algérie aux revenus des hydrocarbures limite sa marge de manœuvre financière. Les fluctuations des prix du pétrole ont déjà contraint le gouvernement à revoir à la baisse certains projets d’investissement à l’étranger. Enfin, la persistance des crises internes, comme les tensions sociales ou les réformes économiques en cours, pourrait freiner cette dynamique diplomatique.
Une vision à long terme
Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la portée de cette stratégie. Les sommets prévus avec la CEDEAO et l’Union africaine, ainsi que les négociations en cours pour des projets énergétiques transfrontaliers, pourraient confirmer – ou infirmer – la capacité de l’Algérie à transformer ses ambitions en actions concrètes.