Revue de presse : Banque Algérie, Diaspora algérienne, Investissement étranger Algérie…

**L’Algérie à l’épreuve de ses propres contradictions**

Ce qui frappe, à la lecture de ces dix domaines d’actualité, c’est l’absence de récit unificateur. L’Algérie semble avancer par à-coups, sans vision stratégique claire, tiraillée entre des logiques contradictoires : contrôler les flux financiers tout en dépendant des transferts de la diaspora ; vouloir attirer les investissements étrangers tout en verrouillant les devises ; célébrer son patrimoine tout en laissant ses sites historiques à l’abandon. Ces tensions ne sont pas nouvelles, mais elles prennent une dimension critique dans un contexte de crise climatique, de ralentissement économique et de recomposition géopolitique.

**Le piège de la rente : quand l’argent de la diaspora remplace l’industrie**

Pire : ils révèlent une dépendance accrue à l’étranger. L’Algérie, qui a longtemps rêvé d’indépendance économique, se retrouve aujourd’hui dans une situation paradoxale : son salut dépend des Algériens de l’extérieur, tandis que ceux de l’intérieur peinent à trouver leur place. Les investissements étrangers, eux, restent timides – la France en tête, mais avec des emplois en chute libre, comme si les entreprises européennes venaient profiter d’une main-d’œuvre bon marché sans s’engager sur le long terme. Les États-Unis, moteur mondial des investissements industriels, boudent largement le pays, préférant miser sur le Maroc, présenté comme une « puissance stable et autonome » par le rapport WTIIA.

La question est simple : pourquoi l’Algérie attire-t-elle si peu ?
La réponse tient en trois mots : instabilité juridique, contrôle des changes, méfiance envers l’étranger. L’article 129 de la loi de finances 2026, qui renforce les vérifications sur les virements bancaires, en est l’illustration parfaite. Dans un pays où les devises sont strictement contrôlées, où les entrepreneurs locaux peinent à importer des matières premières, et où les banques sont sommées de surveiller chaque transaction, l’investissement étranger devient un parcours du combattant. L’Algérie veut les capitaux, mais pas les règles du capitalisme mondial. Résultat : elle reste prisonnière de son modèle rentier, où l’argent de la diaspora et les recettes pétrolières masquent l’absence de diversification économique.

**Climat, agriculture et souveraineté alimentaire : le compte à rebours a commencé**

La filière de la pomme de terre, en pleine restructuration, en est un exemple frappant. L’Algérie est l’un des plus grands consommateurs de pommes de terre au monde, mais sa production reste insuffisante, obligeant à des importations massives. Pourtant, le pays dispose de terres arables et d’un savoir-faire ancestral. Pourquoi cette dépendance ? Parce que l’agriculture algérienne a été sacrifiée sur l’autel du pétrole. Pendant des décennies, les subventions ont favorisé les cultures céréalières (blé, orge) au détriment des cultures vivrières locales. Aujourd’hui, le réveil est brutal : le climat change, les nappes phréatiques s’épuisent, et l’Algérie doit importer une partie de son alimentation.

Face à cette crise, deux réponses s’affrontent :
1. La solution technologique, portée par les projets solaires comme celui de Terra Sola Algérie, qui promet une énergie « propre » pour irriguer les champs. Mais comme le souligne une tribune récente, « la technologie a trop d’impact sur la planète pour être la solution à la crise du climat ». Les panneaux solaires nécessitent des terres rares, extraites dans des conditions souvent désastreuses pour l’environnement. L’Algérie, qui mise sur le solaire pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, risque de tomber dans un nouveau piège : celui de la dette écologique.
2. La solution traditionnelle, qui prône un retour aux pratiques ancestrales (agroécologie, rotation des cultures). Mais cette voie se heurte à la logique productiviste de l’État, qui préfère importer massivement plutôt que de soutenir les petits agriculteurs.

L’Algérie est à la croisée des chemins. Soit elle accepte de repenser son modèle agricole en profondeur, en s’appuyant sur ses savoirs locaux et en réduisant sa dépendance aux importations. Soit elle continue à parier sur des solutions technocratiques, qui ne feront que reporter le problème.

**Patrimoine et mémoire : quand l’Algérie se bat sur tous les fronts**

Pourtant, cette bataille symbolique contraste avec la réalité du terrain. Les sites historiques algériens, comme ceux étudiés par Michèle Blanchard-Lemée, sont souvent mal entretenus, voire abandonnés. Pourquoi un tel décalage ? Parce que la mémoire algérienne est clivée. D’un côté, l’État célèbre le patrimoine antique et médiéval (Timgad, la Qal’a, Djemila) pour affirmer une continuité nationale. De l’autre, il peine à assumer les traumatismes récents, comme la décennie noire, que des écrivains comme Kaouther Adimi ou Boualem Sansal explorent dans leurs œuvres.

La littérature algérienne, présente en force à la Foire du livre de Tunis, est le miroir de ces tensions. Elle oscille entre nostalgie des origines (le patrimoine immatériel) et dénonciation des non-dits (la guerre civile, la corruption, l’exil). Boualem Sansal, libéré de prison mais toujours sous surveillance, incarne cette Algérie qui refuse de se taire. Ses livres, comme ceux d’Adimi, sont des actes de résistance : ils rappellent que le patrimoine n’est pas seulement fait de pierres et de tissus, mais aussi de mémoires vivantes, souvent douloureuses.

**Numérique et e-commerce : l’Algérie en retard, mais pas sans ressources**

Pourtant, le pays dispose d’atouts majeurs : une diaspora connectée, prête à investir dans les start-ups locales, et une jeunesse formée aux nouvelles technologies. Le problème n’est pas technique, mais politique. L’Algérie craint que l’ouverture numérique ne facilite l’ingérence étrangère ou la diffusion d’idées subversives. Elle a peur de son propre peuple.

**Synthèse prospective : l’Algérie face à ses trois scénarios**

**1. Le scénario de l’effondrement contrôlé (le plus probable)**

**2. Le scénario de la rupture (le plus dangereux)**

**3. Le scénario de la renaissance (le plus

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