Tebboune lance officiellement la 5G en Algérie

L’Algérie franchit une étape décisive dans le déploiement des réseaux mobiles de nouvelle génération. Le président Abdelmadjid Tebboune a marqué son accord pour l’activation de la 5G dans le pays, selon une annonce récente rapportée par Linfodrome. Cette décision, attendue depuis plusieurs années, ouvre la voie à une modernisation des infrastructures télécoms et à une accélération de la transformation numérique.

Un feu vert après des années d’attente

D’après des sources proches du ministère des Postes et des Télécommunications, les opérateurs mobiles algériens – Mobilis, Djezzy et Ooredoo – ont été informés de la décision présidentielle et préparent désormais leurs plans techniques. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, mais les premières phases de test pourraient débuter dans les mois à venir, notamment dans les grandes villes comme Alger, Oran et Constantine.

Les enjeux techniques et économiques

D’abord, l’infrastructure existante devra être adaptée. La 5G repose sur des fréquences plus élevées, nécessitant un réseau dense d’antennes relais. Les opérateurs devront investir massivement dans la modernisation de leurs équipements, un effort qui pourrait se chiffrer en centaines de millions de dinars. Ensuite, la question des fréquences disponibles se pose. L’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE) devra attribuer des bandes de fréquences aux opérateurs, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.

Sur le plan économique, la 5G pourrait stimuler l’innovation locale. Des startups algériennes, notamment dans les domaines de la fintech, de l’e-santé ou de l’agritech, pourraient tirer parti de cette technologie pour développer de nouveaux services. La participation d’entreprises comme Iberis à des conférences dédiées aux startups africaines, comme celle mentionnée par Espacemanager en décembre 2023, montre un écosystème en éveil. Cependant, l’accès à la 5G pour les particuliers et les entreprises dépendra aussi du coût des abonnements et des terminaux compatibles, encore rares et chers sur le marché algérien.

Les opérateurs en première ligne

En mai 2023, le Groupe Télécom Algérie avait déjà présenté les services d’AT Satellite, une filiale spécialisée dans les communications par satellite, comme le rapportait Le Jeune Indépendant. Cette initiative pourrait compléter la 5G en assurant une couverture dans les zones rurales ou difficiles d’accès, où le déploiement d’antennes terrestres serait trop coûteux.

Les défis réglementaires et sécuritaires

Sur le plan sécuritaire, la 5G pose de nouveaux défis en matière de cybersécurité. Les réseaux de nouvelle génération, plus complexes et interconnectés, pourraient être vulnérables à des cyberattaques. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) devront renforcer leurs capacités pour protéger les infrastructures critiques.

Un impact attendu sur l’économie numérique

L’industrie : La 5G permettrait une meilleure automatisation des usines, avec des machines connectées en temps réel. Des projets comme celui de Toyota Algérie, évoqué par Algerie360 en 2016, pourraient être relancés avec des technologies plus avancées.
La santé : Les téléconsultations et la télémédecine pourraient se développer, notamment dans les zones éloignées des grands centres hospitaliers.
L’éducation : Les universités et les écoles pourraient proposer des cours en réalité virtuelle ou augmentée, améliorant l’accès à l’enseignement à distance.
Les smart cities : Des villes comme Alger ou Oran pourraient intégrer des capteurs connectés pour optimiser la gestion des ressources (eau, électricité, transports).

Cependant, ces avancées dépendront aussi de la capacité du pays à former des ingénieurs et des techniciens spécialisés dans les nouvelles technologies. Les universités algériennes, comme l’École nationale supérieure d’informatique (ESI) ou l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB), devront adapter leurs programmes pour répondre à ces nouveaux besoins.

Les attentes des citoyens et des entreprises

Cependant, des inquiétudes persistent. Certains craignent que la 5G ne creuse davantage le fossé numérique entre les villes et les zones rurales, où l’accès à Internet reste limité. D’autres s’interrogent sur les coûts, alors que les prix des forfaits mobiles en Algérie sont déjà considérés comme élevés par rapport au pouvoir d’achat moyen.

Une étape vers l’autonomie technologique

Cette avancée intervient dans un contexte régional où plusieurs pays africains accélèrent leurs investissements dans les technologies de pointe. La Tunisie, par exemple, a enregistré des progrès en matière de haut débit fixe, mais reste en retard par rapport au Maroc et à l’Égypte, comme le soulignait Tunisie Haut Débit en 2025. L’Algérie, en activant la 5G, pourrait ainsi se positionner comme un leader régional en matière de connectivité.

Prochaines étapes

1. Attribution des fréquences : L’ARPCE devrait lancer un appel d’offres pour l’attribution des bandes de fréquences 5G aux opérateurs.
2. Tests techniques : Les opérateurs mèneront des essais dans des zones pilotes, probablement à Alger et Oran.
3. Déploiement progressif : La couverture s’étendra d’abord aux grandes villes avant de toucher les zones moins densément peuplées.
4. Lancement commercial : Les premiers forfaits 5G pourraient être proposés aux particuliers et aux entreprises d’ici 2026.

L’Algérie entre ainsi dans une nouvelle ère technologique, avec des opportunités mais aussi des défis à relever. La réussite de ce projet dépendra de la coordination entre les acteurs publics et privés, ainsi que de la capacité du pays à former les compétences nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel de la 5G.

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