Algérie classée 7e en cybersécurité en Afrique

L’Algérie figure parmi les sept pays africains les mieux préparés en matière de cybersécurité, selon un classement récent publié par La Nouvelle Tribune. Cette performance place le pays devant plusieurs nations du continent, confirmant les efforts déployés ces dernières années pour sécuriser ses infrastructures critiques. Le rapport, qui évalue les capacités de protection des systèmes informatiques, souligne l’importance accordée par Alger à la défense numérique, notamment dans des secteurs stratégiques comme les ports, les aéroports et les installations énergétiques.

D’après La Nouvelle Tribune, cette reconnaissance intervient dans un contexte où les cyberattaques se multiplient à l’échelle mondiale, ciblant particulièrement les infrastructures sensibles. L’Algérie, qui a renforcé son arsenal juridique et technique, se distingue par des initiatives concrètes, comme la création de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en 2020. Cette structure, rattachée à la présidence de la République, coordonne les actions de protection contre les menaces numériques et forme les acteurs publics et privés aux bonnes pratiques.

Une priorité pour les infrastructures portuaires et aéroportuaires

Le forum ACIS, organisé récemment, a mis en lumière l’urgence de protéger les infrastructures portuaires, aéroportuaires et offshore contre les cybermenaces. Selon socialnetlink.org, des experts internationaux et locaux ont échangé sur les vulnérabilités de ces secteurs, exposés à des risques croissants de piratage. Les ports algériens, comme celui de Djen Djen ou d’Alger, jouent un rôle clé dans le commerce extérieur du pays, avec plus de 63 millions de tonnes de marchandises transitant par ces hubs en 2024, d’après La Nouvelle Tribune.

Les discussions ont porté sur des mesures concrètes, telles que l’adoption de protocoles de chiffrement avancés, la surveillance en temps réel des réseaux et la collaboration avec des partenaires étrangers pour partager les alertes. Le ministre des Transports, Kamel Beljoud, avait précédemment annoncé un plan de modernisation des systèmes informatiques des ports, incluant des audits de sécurité réguliers. Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à faire de l’Algérie un acteur régional en matière de cybersécurité.

Des défis persistants malgré les avancées

Si l’Algérie progresse, des lacunes subsistent, notamment dans la sensibilisation des entreprises et des administrations locales. Les collectivités territoriales, par exemple, n’ont réalisé qu’un tiers des investissements prévus en 2024 dans les infrastructures numériques, selon Le360. Ce retard s’explique en partie par des contraintes budgétaires et un manque de coordination entre les différents niveaux de gouvernance.

Par ailleurs, la dépendance aux technologies étrangères pose un risque. Les équipements de cybersécurité utilisés en Algérie proviennent souvent de fournisseurs internationaux, ce qui expose le pays à des vulnérabilités en cas de tensions géopolitiques. Pour y remédier, des start-up locales, comme Cyberia ou SecureTech, développent des solutions adaptées aux besoins du marché algérien. Ces entreprises, soutenues par des incubateurs comme Innov’Tech, travaillent sur des outils de détection des intrusions et de protection des données sensibles.

Un modèle pour la région ?

L’Algérie pourrait servir de référence pour d’autres pays africains, notamment en matière de formation. L’École nationale supérieure d’informatique (ESI) d’Alger et l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB) proposent des cursus spécialisés en cybersécurité, attirant des étudiants de toute l’Afrique. Ces formations, combinées à des exercices de simulation d’attaques, préparent les futurs experts à affronter des menaces de plus en plus sophistiquées.

La Banque mondiale, lors d’une table ronde avec des organisations de la société civile, a salué les progrès algériens tout en appelant à renforcer les partenariats public-privé. Ces collaborations sont essentielles pour mutualiser les ressources et partager les bonnes pratiques. En 2023, le gouvernement a lancé un fonds dédié à l’innovation numérique, doté de 50 milliards de dinars, visant à soutenir les projets dans ce domaine.

Vers une souveraineté numérique ?

La cybersécurité s’impose comme un pilier de la souveraineté nationale. Le président Abdelmadjid Tebboune a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de réduire la dépendance aux technologies étrangères, en développant des solutions locales. Cette orientation s’aligne sur les objectifs du Plan national de développement 2020-2024, qui prévoit d’accélérer la transformation numérique du pays.

Les prochains mois seront décisifs. L’Algérie doit consolider ses acquis en renforçant la coopération entre les institutions publiques, les entreprises et les universités. La tenue prochaine d’un sommet africain sur la cybersécurité à Alger, prévu en 2025, pourrait offrir une plateforme pour partager ces expériences et positionner le pays comme un leader régional. Pour l’heure, la 7e place africaine obtenue par l’Algérie envoie un signal clair : le pays avance, mais le chemin vers une protection optimale de ses infrastructures reste semé d’embûches.

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