L’ANADE et le ministère du Tourisme signent un partenariat pour la formation

Cette semaine, l’Agence nationale de développement de l’artisanat et des métiers (ANADE) et la Direction de la formation professionnelle du ministère du Tourisme et de l’Artisanat ont officialisé une convention de coopération. Selon l’Agence presse service (APS), ce partenariat vise à renforcer les compétences des travailleurs du secteur touristique et artisanal en Algérie, un enjeu clé pour l’économie nationale.

Un accord ciblé sur les besoins du marché
L’ANADE, créée en 2020 pour structurer et promouvoir l’artisanat algérien, et le ministère du Tourisme et de l’Artisanat ont identifié des lacunes dans la formation des professionnels du secteur. D’après les données du ministère, près de 60 % des artisans et employés du tourisme n’ont pas accès à des programmes de formation adaptés aux standards internationaux. La convention prévoit la création de modules spécialisés, notamment en gestion hôtelière, restauration, et métiers d’art, avec un accent sur les technologies numériques et les langues étrangères.

Des centres de formation modernisés
Le partenariat inclut la réhabilitation de centres de formation professionnelle dans plusieurs wilayas, dont Alger, Oran, et Tlemcen. Ces structures, souvent vétustes, bénéficieront d’équipements modernes et de formateurs certifiés. L’ANADE s’engage à fournir des outils pédagogiques actualisés, tandis que le ministère mettra à disposition des formateurs issus du secteur public et privé. Un premier centre pilote devrait ouvrir ses portes à Alger d’ici la fin de l’année, selon des sources proches du dossier.

Un secteur stratégique pour l’emploi
Le tourisme et l’artisanat représentent près de 8 % du PIB algérien et emploient plus de 500 000 personnes, selon les chiffres du ministère du Travail. Pourtant, le manque de main-d’œuvre qualifiée freine la compétitivité du secteur. « Les hôteliers et les artisans peinent à recruter des profils formés aux nouvelles exigences du marché, comme la gestion durable ou le e-commerce », explique un responsable de la Fédération nationale des hôteliers algériens (FNHA), cité par El Watan.

Des retombées attendues pour les jeunes
La convention cible particulièrement les jeunes diplômés et les demandeurs d’emploi. Des programmes de reconversion professionnelle seront proposés, avec des certifications reconnues par l’État. « Nous voulons offrir une alternative concrète aux jeunes qui sortent du système éducatif sans qualification », déclare le directeur de l’ANADE, Mohamed Benkhalifa, dans une interview accordée à l’APS. Les formations incluront des stages en entreprise, en collaboration avec des acteurs comme l’Office national du tourisme (ONT) et des chaînes hôtelières locales.

Un modèle inspiré des bonnes pratiques
L’Algérie s’inspire de pays comme le Maroc et la Tunisie, où des partenariats similaires ont permis de dynamiser le secteur touristique. Au Maroc, le programme « Vision 2020 » a formé plus de 200 000 professionnels en cinq ans, avec un impact direct sur la qualité des services. En Algérie, l’objectif est de former 50 000 personnes d’ici 2027, selon les projections du ministère du Tourisme.

Des défis logistiques à relever
Malgré l’enthousiasme, des obstacles persistent. Les retards dans la livraison des équipements et la coordination entre les différentes wilayas sont pointés du doigt par des acteurs du secteur. « Il faut une volonté politique forte pour éviter que ce partenariat ne reste lettre morte », souligne un expert en économie du tourisme, interrogé par TSA. Le ministère a assuré que des comités de suivi seraient mis en place pour évaluer les progrès tous les six mois.

Un pas vers la souveraineté économique
Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de l’économie algérienne, dépendante des hydrocarbures. Le gouvernement mise sur le tourisme et l’artisanat pour créer des emplois durables et réduire le chômage des jeunes, qui dépasse les 20 % selon l’Office national des statistiques (ONS). « C’est un investissement sur l’avenir », résume un économiste algérien, contacté par Algérie Eco.

Les prochaines étapes
D’ici la fin de l’année, les premières formations devraient démarrer dans les wilayas pilotes. Un appel à candidatures sera lancé pour recruter des formateurs, avec une priorité donnée aux profils ayant une expérience internationale. Par ailleurs, l’ANADE et le ministère prévoient d’organiser des salons professionnels pour mettre en avant les métiers de l’artisanat et du tourisme, comme le Salon international de l’artisanat d’Alger (SIAA), prévu en 2026.

Ce partenariat marque une étape concrète dans la modernisation de la formation professionnelle en Algérie. Si les objectifs sont atteints, il pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs clés, comme le textile ou les énergies renouvelables.

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