La Banque mondiale a récemment classé six pays africains, dont deux maghrébins, dans la catégorie des économies à revenu intermédiaire supérieur. Selon La Nouvelle Tribune, l’Algérie et le Maroc figurent désormais parmi les nations du continent ayant franchi ce cap, aux côtés de l’Égypte, de la Tunisie, du Botswana et de l’île Maurice. Ce reclassement, basé sur le revenu national brut (RNB) par habitant, reflète des dynamiques économiques distinctes mais aussi des défis communs, notamment en matière de transition énergétique.
Un indicateur aux implications multiples
Le Maroc, quant à lui, a bénéficié d’une stratégie économique plus diversifiée, avec des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies renouvelables en plein essor. Son intégration dans cette catégorie s’appuie sur une stabilité macroéconomique et une attractivité accrue pour les capitaux internationaux. Pourtant, les deux pays maghrébins partagent un défi commun : réduire leur dépendance aux énergies fossiles tout en maintenant une croissance inclusive.
Transition énergétique, un levier ou un frein ?
Le Maroc, pionnier en la matière, a déjà franchi des étapes significatives avec le complexe solaire Noor Ouarzazate, l’un des plus grands au monde. Son modèle, basé sur des appels d’offres compétitifs et des partenariats public-privé, pourrait inspirer l’Algérie. Pourtant, les deux pays doivent encore surmonter des obstacles similaires : la nécessité de former une main-d’œuvre qualifiée, d’améliorer les réseaux de distribution d’électricité et de garantir la viabilité économique des projets renouvelables face aux subventions persistantes aux énergies fossiles.
Des opportunités à saisir, des risques à anticiper
Pour le Maroc, cette reconnaissance confirme son statut de hub régional pour les énergies vertes. Le pays mise sur des projets comme l’hydrogène vert, avec l’objectif de devenir un exportateur clé vers l’Europe. Cependant, la concurrence internationale s’intensifie, et les deux pays maghrébins devront accélérer leurs réformes pour ne pas perdre du terrain face à des acteurs comme l’Afrique du Sud ou l’Égypte, également engagés dans des transitions énergétiques ambitieuses.
Un équilibre délicat entre croissance et durabilité
En Algérie, la question de la diversification économique reste centrale. Si les énergies renouvelables représentent une piste prometteuse, leur développement doit s’accompagner d’une modernisation de l’industrie locale et d’une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Le secteur privé, encore timide, pourrait jouer un rôle clé, à condition que les obstacles bureaucratiques et financiers soient levés.
Pour les deux pays, ce classement est à la fois une victoire et un rappel des défis à venir. La transition énergétique, si elle est bien menée, pourrait devenir un moteur de croissance durable et inclusive. Mais sans une action coordonnée entre les pouvoirs publics, les entreprises et les partenaires internationaux, cette opportunité risque de se transformer en un simple ajustement statistique, sans impact réel sur le quotidien des citoyens.