Le Maroc adopte une fiscalité verte et interroge l’Algérie

Le Maroc a récemment engagé une réforme fiscale environnementale, selon Financial Afrik, marquant une étape clé dans sa stratégie de transition écologique. Cette initiative, qui vise à intégrer des taxes et incitations vertes dans son système fiscal, soulève des questions sur les retards de l’Algérie en la matière, alors que les deux pays partagent des défis climatiques similaires.

Une réforme fiscale ancrée dans les objectifs climatiques

Cette approche contraste avec celle de l’Algérie, où les mesures fiscales environnementales restent embryonnaires. Bien que le pays ait adopté en 2022 une Stratégie nationale climat (SNC) et une loi sur la transition énergétique, les instruments fiscaux concrets tardent à se matérialiser. « L’Algérie dispose d’un potentiel énorme en énergies renouvelables, mais l’absence de leviers fiscaux freine les investissements privés », souligne un expert en économie verte, cité par des médias locaux.

Des enjeux économiques et sociaux à double tranchant

En Algérie, l’introduction d’une fiscalité verte se heurterait à des défis similaires, mais aussi à des spécificités locales. Le pays dépend encore à 95 % des hydrocarbures pour ses recettes budgétaires, et une taxation des activités polluantes pourrait affecter des secteurs clés comme l’industrie pétrochimique ou les transports. « Une réforme fiscale environnementale doit être progressive et accompagnée de mesures sociales pour éviter de pénaliser les ménages les plus vulnérables », estime un économiste algérien. Par exemple, une taxe sur les carburants pourrait être compensée par des subventions ciblées pour les transports en commun.

L’Algérie à la traîne malgré des atouts

Les retards algériens s’expliquent en partie par un cadre réglementaire flou. Si la loi sur la transition énergétique de 2022 prévoit des incitations fiscales pour les énergies renouvelables, leur mise en œuvre reste limitée. « Les décrets d’application tardent, et les investisseurs privés hésitent à s’engager sans visibilité », explique un responsable d’une entreprise algérienne spécialisée dans les panneaux solaires. À l’inverse, le Maroc a simplifié les procédures pour les projets verts, avec des exonérations fiscales de 10 ans pour les entreprises du secteur.

Quelles leçons pour l’Algérie ?

Pour l’Algérie, l’enjeu est double : réduire sa dépendance aux hydrocarbures tout en évitant les pièges d’une transition mal préparée. « Une fiscalité verte bien conçue peut être un outil de diversification économique, mais elle doit être équitable et progressive », souligne un analyste. Le pays pourrait s’inspirer du modèle marocain en ciblant d’abord les secteurs les plus polluants, comme les centrales à charbon ou les industries lourdes, avant d’étendre les mesures à d’autres domaines.

Vers une coopération maghrébine ?

En attendant, l’Algérie devra avancer seule pour rattraper son retard. La récente nomination d’un ministre délégué chargé de la Transition énergétique pourrait être un signe d’accélération, mais les résultats concrets se feront encore attendre. Comme le note Financial Afrik, « la fiscalité verte n’est pas une option, mais une nécessité pour les économies africaines ». Pour l’Algérie, le temps presse.

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