Ce mercredi 25 mars 2026, la Première ministre italienne Giorgia Meloni effectue une visite officielle en Algérie, marquant un nouveau chapitre dans les relations économiques entre les deux pays. Selon La Nouvelle République Algérie, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de diversification des partenariats commerciaux algériens, avec un accent particulier sur les importations de biens de consommation. L’Italie, déjà partenaire historique de l’Algérie, cherche à renforcer ses positions sur un marché en pleine mutation, tandis que l’Algérie tente de réduire sa dépendance aux fournisseurs traditionnels.
Un axe commercial en expansion
L’Algérie a importé pour plus de 45 milliards de dollars de biens en 2025, dont près de 12 % provenaient de l’Italie. Les produits italiens, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, des équipements industriels et des produits pharmaceutiques, dominent les échanges. La visite de Meloni pourrait accélérer cette tendance, avec des discussions centrées sur l’augmentation des quotas d’importation pour certains produits stratégiques. Les autorités algériennes, confrontées à une demande croissante en biens de consommation, voient dans ce partenariat une opportunité de stabiliser les prix et d’améliorer la qualité des produits disponibles sur le marché local.
Des enjeux logistiques et tarifaires
L’un des défis majeurs réside dans la simplification des procédures douanières. Les importateurs algériens soulignent régulièrement les retards et les coûts supplémentaires liés aux formalités administratives. Selon des sources industrielles citées par La Nouvelle République Algérie, une harmonisation des normes entre les deux pays pourrait réduire les délais de livraison de 30 à 40 %. Par ailleurs, la question des tarifs douaniers reste sensible. L’Algérie applique des droits de douane élevés sur certains produits italiens, comme les véhicules et les appareils électroménagers, afin de protéger son industrie locale. Une renégociation de ces tarifs pourrait être abordée lors des discussions.
L’agroalimentaire, un secteur clé
L’Italie est le deuxième fournisseur de produits alimentaires de l’Algérie, derrière la France. Les pâtes, l’huile d’olive et les produits laitiers italiens sont particulièrement prisés par les consommateurs algériens. Cependant, la concurrence des pays émergents, comme la Turquie ou l’Égypte, s’intensifie. Pour conserver sa part de marché, l’Italie pourrait proposer des accords de co-production ou des transferts de technologie, notamment dans la transformation des produits agricoles. Ces mesures permettraient à l’Algérie de réduire ses importations tout en développant sa propre filière agroalimentaire.
Les attentes des opérateurs économiques
Les acteurs du secteur privé algérien attendent des engagements concrets de la part de l’Italie. Les chambres de commerce des deux pays ont déjà exprimé leur volonté de faciliter les investissements croisés. Un accord cadre sur la protection des investissements pourrait être signé lors de cette visite, offrant une sécurité juridique aux entreprises italiennes souhaitant s’implanter en Algérie. De leur côté, les importateurs algériens espèrent des garanties sur la régularité des approvisionnements, notamment pour les produits de première nécessité.
Un partenariat au-delà des échanges commerciaux
La visite de Giorgia Meloni ne se limite pas aux questions économiques. Les deux pays pourraient également aborder des sujets liés à la transition énergétique et à la formation professionnelle. L’Algérie, riche en ressources naturelles, cherche à diversifier son économie en développant des secteurs à haute valeur ajoutée. L’Italie, avec son expertise dans les énergies renouvelables et les technologies vertes, pourrait devenir un partenaire privilégié dans ce domaine. Des projets conjoints dans le solaire ou l’hydrogène vert sont déjà à l’étude.
Les défis à relever
Malgré les opportunités, plusieurs obstacles persistent. La bureaucratie algérienne et les lenteurs administratives freinent souvent les initiatives commerciales. De plus, la fluctuation des taux de change et l’instabilité des prix des matières premières compliquent la planification des importations. Pour les entreprises italiennes, le risque de non-paiement reste une préoccupation, bien que les autorités algériennes aient pris des mesures pour rassurer les investisseurs étrangers.
Une visite sous le signe de la coopération
La rencontre entre Giorgia Meloni et les responsables algériens devrait déboucher sur une série d’accords bilatéraux. Si les détails restent confidentiels, les observateurs s’attendent à des annonces concernant la facilitation des échanges, la formation professionnelle et les investissements dans les infrastructures. Pour l’Algérie, cette visite représente une occasion de consolider ses partenariats avec l’Europe, dans un contexte où les tensions géopolitiques poussent le pays à diversifier ses alliances.
Les prochaines étapes
Les résultats de cette visite seront scrutés de près par les acteurs économiques des deux pays. Une déclaration commune devrait être publiée en fin de journée, précisant les engagements pris. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact concret de ces discussions sur les importations algériennes et les relations bilatérales. En attendant, les opérateurs économiques restent optimistes quant à une amélioration des conditions d’échanges entre l’Algérie et l’Italie.