L’industrie algérienne plafonne à 10 % du PIB

Le secteur industriel algérien reste en retrait dans la structure économique du pays, avec une contribution limitée à environ 10 % du produit intérieur brut (PIB), selon les dernières données révélées par L’Algérie Aujourd’hui. Ce chiffre, confirmé récemment, place l’Algérie parmi les pays de la région où l’industrie pèse le moins dans la richesse nationale, malgré les ambitions affichées par les autorités de diversifier l’économie et de réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Un secteur en deçà des objectifs fixés

Cette faible contribution s’explique en partie par la persistance de freins structurels : dépendance aux importations de matières premières et de biens intermédiaires, manque d’investissements dans la recherche et développement, et lenteur des réformes pour améliorer le climat des affaires. Les entreprises locales, souvent de petite taille, peinent à concurrencer les produits étrangers, notamment dans les secteurs de la mécanique, de l’électronique et de la chimie.

Des filières prometteuses mais sous-exploitées

Cependant, ces filières restent fragiles. L’agroalimentaire souffre d’un manque d’intégration verticale, avec des entreprises souvent cantonnées à la transformation de base. Le secteur pharmaceutique, bien que performant, dépend encore largement des principes actifs importés, ce qui limite sa capacité à innover. Quant aux industries lourdes, elles sont confrontées à des coûts énergétiques élevés et à une concurrence internationale agressive.

Les défis de la diversification industrielle

Un autre axe stratégique repose sur l’industrialisation des zones franches, comme celle de Bellara, dans la wilaya de Jijel, où plusieurs usines ont été inaugurées ces dernières années. Ces zones, censées attirer des investissements étrangers, peinent cependant à tenir leurs promesses, en raison de lourdeurs administratives et d’un manque d’infrastructures adaptées.

La formation professionnelle est également au cœur des préoccupations. Le gouvernement a lancé des partenariats avec des universités et des centres techniques pour adapter les compétences aux besoins des industries locales. Pourtant, le décalage entre l’offre de formation et les attentes des entreprises persiste, notamment dans les métiers de la maintenance et de la robotique.

Un enjeu de souveraineté économique

Le secteur automobile illustre ces difficultés. Malgré l’implantation d’usines comme celle de Renault à Oran, la production locale reste limitée, avec des véhicules assemblés à partir de kits importés. Les ambitions de fabriquer des voitures 100 % algériennes, annoncées il y a plusieurs années, se heurtent à l’absence d’une filière intégrée de sous-traitance.

Quelles pistes pour l’avenir ?

L’innovation est un autre levier clé. L’Algérie dispose d’un potentiel scientifique et technique sous-exploité, avec des centres de recherche comme le Centre de développement des technologies avancées (CDTA) ou l’Unité de recherche en technologies industrielles (URTI). Pourtant, le transfert de technologie vers les entreprises reste marginal, faute de mécanismes efficaces de collaboration entre le monde académique et l’industrie.

Enfin, la question énergétique pèse lourdement sur la compétitivité des industries algériennes. Les coûts de l’électricité et du gaz, bien que subventionnés, restent élevés pour les entreprises, en particulier celles qui consomment beaucoup d’énergie. Une réforme des tarifs, couplée à des investissements dans les énergies renouvelables, pourrait redonner un souffle au secteur.

La stagnation de l’industrie à 10 % du PIB n’est pas une fatalité, mais elle exige une mobilisation coordonnée de tous les acteurs : État, entreprises, universités et société civile. Sans une stratégie claire et des réformes audacieuses, l’Algérie risque de rester prisonnière d’une économie rentière, avec des conséquences lourdes sur l’emploi et la souveraineté économique.

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