Alger investit 6 milliards DA pour moderniser son port

Le port d’Alger engage un programme d’investissement de 6 milliards de dinars algériens pour l’année en cours, selon un communiqué de l’Entreprise portuaire d’Alger publié récemment par horizons.dz. Ce budget vise à moderniser les infrastructures existantes et à renforcer la capacité opérationnelle du premier port commercial du pays.

Un plan ciblé sur trois axes

Parmi les projets phares, la construction d’un nouveau terminal roulier (Ro-Ro) pour les véhicules et les marchandises sur roues. Ce terminal, d’une capacité de 500 000 tonnes par an, devrait réduire les délais de déchargement et fluidifier le trafic vers les zones industrielles du sud du pays.

Réduction des délais et attractivité régionale

L’investissement s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement du port d’Alger comme hub méditerranéen. Le ministre des Transports, Kamel Beljoud, a récemment annoncé un partenariat avec la société émiratie DP World pour développer des solutions logistiques intégrées. « L’objectif est de faire d’Alger un point de transit incontournable entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest », a-t-il expliqué lors d’une conférence à Oran.

Souveraineté et enjeux géopolitiques

Le port d’Alger joue également un rôle clé dans la diversification des partenariats économiques. En 2024, le volume des échanges avec la Chine a augmenté de 22 %, tandis que les exportations vers l’Italie et l’Espagne ont progressé de 14 %. « Ces investissements permettront de capter une partie du trafic détourné vers les ports nord-africains », analyse un expert du secteur maritime cité par Ports et corridors.

Défis techniques et main-d’œuvre

Par ailleurs, la formation du personnel reste un enjeu majeur. Le secteur portuaire algérien emploie environ 12 000 personnes, dont 30 % ont plus de 50 ans. « Nous avons lancé un plan de recrutement de 500 jeunes diplômés en logistique et en gestion portuaire », indique le directeur des ressources humaines de l’entreprise.

Comparaison avec les ports voisins

Cependant, l’Algérie mise sur ses atouts géographiques. Situé à moins de 800 km des côtes européennes, le port d’Alger bénéficie d’une position centrale en Méditerranée occidentale. « Avec des infrastructures modernisées, nous pouvons attirer les armateurs qui cherchent des alternatives aux ports saturés du nord de l’Europe », estime un consultant en logistique basé à Alger.

Financement et perspectives

À moyen terme, l’Algérie prévoit d’étendre ce modèle aux autres ports du pays. Oran, Béjaïa et Skikda devraient bénéficier de plans similaires d’ici 2027. « L’objectif est de créer un réseau portuaire intégré, capable de soutenir la croissance économique du pays », conclut le ministre des Transports.

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