L’Algérie a annoncé récemment un engagement fort en faveur de la formation professionnelle et universitaire sur le continent africain. Selon Cridem, le pays s’est engagé à offrir 2500 bourses d’études et de formation à des étudiants africains, tout en lançant un projet ambitieux : la création d’une banque dédiée à l’éducation. Cette initiative, révélée en décembre 2024, marque une étape clé dans la stratégie algérienne de coopération Sud-Sud, notamment dans le domaine de la formation.
Les 2500 bourses couvriront divers secteurs, avec une attention particulière portée aux filières techniques et professionnelles. Selon les déclarations rapportées par Cridem, ces formations viseront à répondre aux besoins du marché du travail en Algérie et dans les pays bénéficiaires. Les domaines prioritaires incluent les énergies renouvelables, les technologies de l’information, l’agriculture durable et le tourisme, des secteurs où l’Algérie a développé des compétences reconnues.
La création d’une banque dédiée à l’éducation représente une innovation dans le paysage financier algérien. Cette institution, dont les contours restent à préciser, devrait faciliter le financement des études et des projets éducatifs, tant pour les étudiants algériens que pour les bénéficiaires étrangers. Selon les sources officielles, cette banque pourrait proposer des prêts à taux préférentiels, des subventions et des mécanismes de garantie pour encourager l’investissement dans la formation.
Cette annonce s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération africaine. L’Algérie, qui préside actuellement l’Union africaine, multiplie les initiatives pour renforcer les échanges éducatifs et professionnels entre les pays du continent. En 2023, le pays avait déjà accueilli plus de 10 000 étudiants africains, selon les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les nouvelles bourses devraient porter ce nombre à près de 15 000 d’ici 2026.
Une réponse aux défis du chômage et de la formation
L’initiative algérienne intervient dans un contexte où le chômage des jeunes reste un enjeu majeur en Afrique. Selon la Banque africaine de développement, plus de 12 millions de jeunes Africains entrent chaque année sur le marché du travail, mais seulement 3 millions trouvent un emploi formel. Les bourses algériennes ciblent précisément cette problématique en offrant des formations alignées sur les besoins économiques.
Parmi les secteurs prioritaires, les énergies renouvelables occupent une place centrale. L’Algérie, qui dispose d’un potentiel solaire parmi les plus élevés au monde, forme déjà des techniciens et ingénieurs dans ce domaine. Le projet algéro-allemand TaqatHy, lancé en décembre 2024, illustre cette orientation. Selon le Portail algérien des énergies renouvelables, ce partenariat vise à développer des programmes de formation en hydrogène vert et en énergies propres, avec un accent sur l’employabilité des jeunes.
Un modèle de coopération Sud-Sud
L’Algérie mise sur ces bourses pour renforcer son influence en Afrique, tout en consolidant ses relations avec les pays partenaires. Contrairement aux modèles traditionnels de coopération Nord-Sud, cette approche privilégie les échanges horizontaux, où les pays africains partagent leurs expertises. Selon Cridem, les étudiants bénéficiaires seront sélectionnés en collaboration avec les gouvernements de leurs pays d’origine, garantissant une adéquation entre les formations proposées et les besoins locaux.
Le secteur du tourisme et de l’artisanat, en pleine restructuration en Algérie, bénéficie également de cette dynamique. En septembre 2025, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Fatima Zahra Meddahi, a présidé une réunion consacrée à la numérisation des formations dans ce domaine. Selon l’APS, des ateliers ont été organisés pour évaluer les besoins en compétences numériques des professionnels du tourisme, avec pour objectif de moderniser l’offre de formation.
Des infrastructures en expansion
Pour accueillir ces étudiants, l’Algérie modernise ses infrastructures éducatives. Plusieurs centres de formation professionnelle et universités ont été rénovés ou construits ces dernières années. Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels a annoncé en 2024 la création de 10 nouveaux instituts spécialisés dans les métiers du numérique, de l’industrie et des services. Ces établissements, répartis sur tout le territoire, visent à offrir des formations courtes et qualifiantes, adaptées aux réalités économiques.
La ville d’Oran, qui accueillera en avril 2026 le Salon international du tourisme (SIAHA), joue un rôle clé dans cette stratégie. Selon Mediaterranee.com, ce salon servira de plateforme pour promouvoir les formations dans le secteur touristique et attirer des investisseurs étrangers. L’Algérie mise sur ce type d’événements pour positionner le pays comme un hub régional de la formation professionnelle.
Un impact économique et social
L’impact de ces bourses dépasse le cadre éducatif. Selon les experts, la formation de jeunes Africains en Algérie pourrait favoriser les échanges commerciaux et les investissements entre les pays du continent. Les étudiants formés en Algérie pourraient, à leur retour, contribuer au développement de leurs pays tout en maintenant des liens avec les entreprises algériennes.
Cette initiative s’accompagne d’autres mesures en faveur de la jeunesse algérienne. En septembre 2024, le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdelhakim Djebrani, a annoncé le doublement de la bourse étudiante, selon la Radio algérienne. Cette augmentation, qui concerne près de 1,5 million d’étudiants, vise à améliorer leurs conditions de vie et à encourager la poursuite d’études supérieures.
Des défis à relever
Malgré ces avancées, des défis persistent. La gestion des flux d’étudiants étrangers nécessite une logistique adaptée, notamment en matière de logement, de transport et d’intégration. Les autorités algériennes travaillent à renforcer les capacités d’accueil des universités et des centres de formation pour éviter les saturations.
Par ailleurs, la réussite de cette initiative dépendra de la capacité à aligner les formations proposées sur les besoins du marché du travail. Selon les observateurs, une collaboration étroite avec le secteur privé sera essentielle pour garantir l’employabilité des diplômés, qu’ils soient algériens ou africains.
L’Algérie, en misant sur la formation professionnelle et universitaire, se positionne comme un acteur clé de la coopération africaine. Les 2500 bourses et la création d’une banque éducative pourraient marquer un tournant dans la stratégie de développement du pays, tout en offrant des opportunités concrètes à la jeunesse du continent.