Revue de presse : Urbanisme Algérie, Hôpitaux Algérie, Bourse Alger…

**L’Algérie à l’épreuve de ses propres contradictions : un pays en tension entre modernité et inertie**

L’Algérie se débat dans un paradoxe qui n’est pas seulement économique, mais existentiel. Les actualités récentes dessinent le portrait d’une nation tiraillée entre des dynamiques prometteuses – énergies renouvelables, diversification économique, innovations agricoles – et des blocages structurels qui en sapent la portée. Ce qui frappe, c’est l’absence de cohérence d’ensemble : chaque secteur avance en silo, comme si l’État algérien, malgré ses discours volontaristes, peinait à orchestrer une transition globale. Pire : certaines réformes semblent conçues pour apaiser les tensions sociales sans s’attaquer aux racines des problèmes. Derrière les annonces, se profile une Algérie schizophrène, où l’urgence écologique se heurte à l’immobilisme bureaucratique, où la volonté de modernisation bute sur des logiques rentières et clientélistes.

Pour comprendre cette schizophrénie, il faut saisir le fil rouge qui relie ces dix domaines : la question de la souveraineté. Souveraineté énergétique (solaire), alimentaire (irrigation, diversification), financière (bourse, IDE), territoriale (urbanisme, eau) – l’Algérie cherche désespérément à reprendre le contrôle de son destin. Mais cette quête se heurte à deux écueils majeurs : l’héritage d’un État rentier et l’incapacité à penser le long terme. Résultat : des avancées réelles coexistent avec des reculs symptomatiques, des innovations techniques avec des archaïsmes politiques.

**L’URBANISME ET L’EAU : LE MIROIR D’UNE SOCIÉTÉ EN CRISE DE MODÈLE**

**Des villes qui étouffent sous le béton**

Pourquoi cette dissonance ? Parce que l’urbanisme algérien reste prisonnier d’une logique de court terme, où la construction de logements (souvent mal conçus, mal isolés) prime sur la qualité de vie. Les espaces verts ne sont pas pensés comme des écosystèmes, mais comme des décors – quand ils ne sont pas purement et simplement grignotés par des promoteurs peu scrupuleux. La nature en ville est un luxe, pas une nécessité. Pourtant, dans un pays où les températures estivales frôlent régulièrement les 50°C, la végétalisation n’est pas un caprice esthétique, mais une question de survie.

**L’eau : le talon d’Achille de la souveraineté algérienne**

Pourtant, des solutions existent. L’utilisation des eaux usées traitées en agroforesterie, évoquée dans les dernières actualités, est une piste sérieuse – à condition de ne pas en faire un alibi pour éviter les réformes structurelles. Le vrai défi n’est pas technique, mais politique : comment passer d’une gestion de l’eau en mode « crise » à une planification durable ? La réponse algérienne, pour l’instant, est celle du bricolage. On construit des stations de dessalement (coûteuses et énergivores), on lance des campagnes de sensibilisation (peu suivies d’effets), mais on ne touche pas aux racines du problème : une agriculture intensive et mal maîtrisée, des infrastructures obsolètes, et une culture du gaspillage.

**ÉNERGIE ET DIVERSIFICATION : LE GRAND BLUFF ALGÉRIEN ?**

**Le solaire : une révolution en trompe-l’œil**

Pourquoi ? Parce que le pays continue de miser sur le gaz, son or noir, comme principale source de revenus. Les centrales solaires sont souvent présentées comme des projets phares, mais leur part dans le mix énergétique reste marginale. Pire : l’Algérie exporte son gaz vers l’Europe tout en important de l’électricité – une aberration économique et écologique. La centrale hybride de Hassi R’mel, présentée comme une « expérience pilote », est en réalité un symbole de cette schizophrénie : elle combine solaire et gaz, comme si l’Algérie ne pouvait se résoudre à rompre avec son modèle rentier.

**Diversification économique : le Maroc comme miroir déformant**

Le problème, c’est que la diversification économique ne se décrète pas. Elle suppose :
1. Une stabilité juridique (les investisseurs fuient l’arbitraire administratif).
2. Une main-d’œuvre qualifiée (le système éducatif algérien est en crise).
3. Une intégration régionale (l’Algérie reste en marge des chaînes de valeur africaines).

Or, sur ces trois points, l’Algérie est en retard. Les IDE reprennent timidement, mais ils se concentrent dans les secteurs extractifs (hydrocarbures, mines) ou dans les services (télécoms, finance), sans créer de véritable tissu industriel. Le cas d’Air Algérie, citée parmi les compagnies les plus en retard en France, est symptomatique : l’Algérie veut jouer dans la cour des grands, mais sans en accepter les règles.

**SANTÉ, IMMOBILIER, ARTISANAT : LES TROIS VISAGES DE L’ALGÉRIE SOCIALE**

**Hôpitaux : le triage comme métaphore d’un système à bout de souffle**

Pourtant, l’Algérie dépense des milliards dans la santé. Où va l’argent ? Dans des infrastructures pharaoniques (comme le CHU de Constantine) qui restent sous-utilisées, faute de personnel et de maintenance. La crise du système hospitalier algérien n’est pas seulement une question de moyens, mais de gouvernance. Comment expliquer que le pays forme des médecins de qualité, mais que beaucoup partent exercer à l’étranger ? Parce que le système algérien, bureaucratique et clientéliste, étouffe les compétences.

**Immobilier : la diaspora comme variable d’ajustement**

Pourquoi ? Parce que l’État algérien a fait du logement un outil de contrôle social. Les programmes de logements sociaux (comme le AADL) sont souvent détournés par des réseaux mafieux, tandis que la diaspora, courtisée pour ses devises, se heurte à des procédures kafkaïennes. Le passeport comme condition pour acheter un logement ? Une mesure absurde qui montre à quel point l’Algérie peine à intégrer sa diaspora autrement que comme une vache à lait.

**Artisanat : le folklore comme alibi**

Pourtant, l’Algérie regorge de savoir-faire (poterie, tissage, travail du cuir, orfèvrerie). Mais ces métiers sont marginalisés, faute de formation, de financement et de débouchés. L’État algérien préfère subventionner des industries lourdes (comme l’automobile) plutôt que de miser sur l’économie créative. Résultat : l’artisanat algérien survit grâce au tourisme de niche, mais ne se modernise pas.

**AGRICULTURE ET IRRIGATION : LA FAIM DE SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE**

**Des vaches américaines pour une ferme algérienne : le symbole d’un échec**

Mais là encore, le problème est systémique :
Une agriculture intensive et mal gérée (surexploitation des sols, gaspillage d’eau).
Un manque de formation (les jeunes fuient les campagnes).
Des subventions mal ciblées (qui profitent aux gros propriétaires terriens, pas aux petits paysans).

Le partenariat algéro-tunisien sur les technologies agricoles est une bonne nouvelle, mais il ne suffira pas à combler le retard. L’Algérie a besoin d’une révolution agricole, pas de rustines technologiques.

**SYNTHÈSE PROSPECTIVE : L’ALGÉRIE À LA CROISÉE DES CHEMINS**

L’Algérie de 2025 est un pays à la fois en mouvement et paralysé. Les dynamiques positives (

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