Le Palais des Expositions d’Alger accueille depuis ce matin la neuvième édition du Salon international Texstyle Expo, un événement dédié au textile et à la mode algérienne. Plus de 200 exposants, dont une majorité de producteurs locaux, présentent leurs collections jusqu’au 22 avril, selon les organisateurs cités par l’Agence Presse Service (APS). Cette édition marque un record de participation, avec une présence renforcée des entreprises algériennes spécialisées dans la confection, le tissage et les accessoires.
Parmi les exposants, plusieurs marques émergentes se distinguent, comme Djazair Couture, fondée par la styliste Samia Ziani, qui mise sur des matières premières locales comme le coton de Biskra et la laine de Tlemcen. « Notre objectif est de montrer que l’Algérie peut produire des vêtements haut de gamme sans dépendre des importations », explique-t-elle à El Moudjahid. La marque, lancée en 2022, emploie une vingtaine d’artisans dans son atelier d’Alger et exporte déjà vers la Tunisie et le Maroc.
Un secteur en quête de relance
L’un des bénéficiaires de ce plan est l’entreprise Sotratex, basée à Sétif, qui produit des uniformes scolaires et des vêtements de travail. « Nous avons reçu une subvention pour acheter des machines à coudre automatiques, ce qui nous a permis de doubler notre production », confie son directeur, Mohamed Benkhelifa, à horizons.dz. L’entreprise, qui employait 150 personnes en 2020, en compte désormais 350 et vise les marchés africains.
L’export, un défi à relever
Pour y remédier, l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex) a annoncé en février 2026 la création d’un guichet unique pour accompagner les exportateurs. « Nous allons simplifier les démarches et organiser des salons à l’étranger pour promouvoir le Made in Algeria« , déclare son directeur, Karim Meziane, dans une interview à AL24 News. Une première mission commerciale est prévue en septembre 2026 à Dubaï, où une dizaine d’entreprises algériennes présenteront leurs produits.
La mode algérienne à l’honneur
Parmi les invités d’honneur, la doyenne de la mode algérienne, Yasmina Chellali, 84 ans, dont les robes inspirées des costumes traditionnels kabyles et chaouis ont marqué plusieurs générations. « La mode algérienne doit puiser dans son histoire tout en innovant », déclare-t-elle à RFI. Son atelier de Bab El Oued, ouvert en 1968, forme encore aujourd’hui des jeunes couturières.
Les défis de la formation et de l’innovation
Pour inverser la tendance, le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé en 2025 un partenariat avec des entreprises textiles pour créer des formations en alternance. « Les étudiants passeront 60 % de leur temps en entreprise, ce qui leur permettra d’acquérir une expérience concrète », explique un responsable du ministère cité par El Watan.
Un salon sous le signe de l’optimisme
Parmi les innovations présentées cette année, des tissus écoresponsables fabriqués à partir de fibres recyclées, comme ceux de la start-up Green Weave, basée à Oran. « Nous utilisons des bouteilles en plastique pour créer des fils résistants, ce qui réduit notre empreinte carbone », explique son fondateur, Amine Belkacem. Une démarche qui séduit de plus en plus de consommateurs algériens, sensibles aux enjeux environnementaux.
Alors que le salon touche à sa fin, une question reste en suspens : l’Algérie parviendra-t-elle à transformer l’essai et à faire du textile un pilier de son économie ? Les prochains mois seront décisifs, avec la mise en œuvre des plans gouvernementaux et l’ouverture de nouveaux marchés à l’export. Une chose est sûre : Texstyle Expo a montré que le Made in Algeria a encore de belles cartes à jouer.