Le Maroc accélère ses énergies renouvelables en Afrique

Le Maroc confirme sa position de leader régional dans le domaine des énergies renouvelables, selon un récent article publié par Le Matin.ma. Le pays multiplie les initiatives pour renforcer sa capacité de production d’électricité verte, tout en étendant son influence sur le continent africain. Ces développements soulèvent des questions sur la place de l’Algérie dans cette dynamique, alors que les deux pays partagent des défis énergétiques similaires.

Une stratégie marocaine ambitieuse et concrète

Le complexe Noor, situé dans la région de Drâa-Tafilalet, combine plusieurs technologies, dont le solaire thermique à concentration (CSP) et le photovoltaïque. Cette approche hybride permet de produire de l’électricité même après le coucher du soleil, grâce au stockage thermique. Le projet a été financé en partie par des bailleurs internationaux, dont la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale, ce qui témoigne de la confiance des institutions financières dans la viabilité des énergies vertes en Afrique.

L’Afrique, nouveau terrain de jeu des énergies renouvelables

Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de l’Alliance solaire internationale (ASI), une initiative lancée en 2015 pour promouvoir le solaire dans les pays en développement. Le Maroc, qui abrite le siège de l’ASI, joue un rôle central dans la coordination des efforts africains. Ces partenariats permettent au pays de renforcer ses liens économiques et politiques avec le reste du continent, tout en positionnant ses entreprises comme des acteurs clés du secteur.

L’Algérie face à un choix stratégique

Plusieurs projets ont été annoncés ces dernières années, comme la centrale solaire de Hassi R’Mel, d’une capacité de 25 MW, ou le parc éolien d’Adrar, de 10 MW. Cependant, ces initiatives restent modestes comparées aux ambitions marocaines. Le gouvernement algérien a fixé un objectif de 22 000 MW de capacité renouvelable d’ici 2030, mais les retards dans la mise en œuvre des projets et les défis logistiques freinent cette transition.

Des opportunités pour une coopération régionale

Une coopération entre les deux pays pourrait être bénéfique. Par exemple, l’Algérie pourrait s’inspirer de l’expérience marocaine en matière de stockage d’énergie, un défi crucial pour l’intégration des renouvelables dans le réseau électrique. De son côté, le Maroc pourrait tirer profit des vastes ressources gazières algériennes pour développer des solutions hybrides, combinant gaz et énergies vertes, afin d’assurer une transition progressive.

Les défis technologiques et industriels

En Algérie, l’industrialisation du secteur reste embryonnaire. Pourtant, le pays dispose d’un potentiel humain et technique pour développer une filière locale. Des initiatives comme la création de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) montrent une volonté de structurer le secteur, mais les résultats tardent à se concrétiser.

Un enjeu géopolitique et économique

Pour l’Algérie, la question est double : comment accélérer sa transition énergétique tout en préservant ses revenus pétroliers et gaziers, qui représentent encore plus de 90 % de ses exportations ? Une réponse possible réside dans la diversification de son économie, en développant des industries liées aux énergies renouvelables et en attirant des investissements étrangers. Cela nécessiterait toutefois une refonte des politiques publiques, avec des incitations fiscales et des simplifications administratives.

Des leçons à tirer pour l’Algérie

L’Algérie pourrait également s’inspirer de la stratégie marocaine de coopération régionale. En s’associant avec des pays voisins, comme la Tunisie ou la Mauritanie, elle pourrait développer des projets transfrontaliers, comme des parcs solaires ou des lignes d’interconnexion électrique. Ces initiatives renforceraient la stabilité énergétique de la région tout en créant des opportunités économiques.

Selon Le Matin.ma, le Maroc a su transformer ses défis énergétiques en opportunités, en misant sur l’innovation et les partenariats. Pour l’Algérie, le moment est peut-être venu de repenser sa stratégie énergétique, non seulement pour répondre à ses besoins internes, mais aussi pour jouer un rôle actif dans la transition verte du continent.

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